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190e anniversaire de Louise Michel !

Nous célébrons aujourd’hui le 190e anniversaire de la naissance de Louise Michel (1830-1905). Normalement, nous aurions dû le fêter ensemble à Marseille au Mucem autour d’un colloque reporté : Louise Michel & le(s) droit(s).

Après un premier volet consacré à JAURES & le(s) droit(s) (cf. ICI & LA), le Collectif L’Unité du Droit, avec le soutien du Centre de Recherche en Droit, Antoine Favre de l’Université Savoie Mont-Blanc, du Laboratoire Méditerranéen de Droit Public et du Centre de Droit de la Santé – Umr Ades de l’Université d’Aix-Marseille, nous vous invitons a priori à un nouveau colloque :

Louise Michel
& le(s) droit(s)
Marseille – Mucem –
29 mai 2021 – dès 08h45
(date prévisionnelle)

Cette manifestation s’inscrit dans un quadriptyque scientifique proposé par le Collectif L’Unité du Droit (Clud) à l’initiative du professeur Touzeil-Divina et ayant pour thème de réflexion(s) le(s) politique(s) & le(s) droit(s). Sont prévues les quatre manifestations suivantes au cours desquelles il n’est pas question de considérer comme « juriste » les hommes et femmes politiques interrogés mais où il s’agit de questionner la façon dont ces citoyens engagés ont utilisé le(s) droit(s) :

  • Jean Jaurès (1859-1914) & le(s) droit(s) (Toulouse, 03 septembre 2019) ;
  • Louise Michel (1830-1905) & le(s) droit(s) (Marseille, 29 mai (…)) ;
  • Charles Maurras (1868-1952) & le(s) droit(s) (2022).
  • & Charles Péguy (1873-1914) & le(s) droit(s) (2023).

Un comité scientifique et d’organisation (avec des juristes en droits public et privé) a été institué pour chaque colloque. Voici celui du colloque « Louise Michel » :

  • Clément Benelbaz, Maître de conférences à l’Université Savoie Mont Blanc
  • Carolina Cerda-Guzman, Maître de conférences à l’Université de Montpellier III
  • Raphaël Costa, doctorant à l’Université Paris Sud
  • Mélanie Jaoul, Maîtresse de conférences à l’Université de Montpellier
  • Geneviève Koubi, Professeur à l’Université Paris 8, Cersa
  • & Mathieu Touzeil-Divina, Professeur à l’Université Toulouse 1 Capitole.

L’idée générale du colloque est de faire ressortir dans les écrits de Louise Michel trois thèmes qui nous semblent opportuns en matière de droit(s) et surtout d’Egalité et ce, à partir de ses ouvrages mais également de ses discours, textes, poèmes (etc) et de ses engagements. La femme et sa doctrine ont fait l’objet d’études historiques, littéraires, philosophiques et même sociologiques mais très peu en Droit ce qui justifie la présente démarche.

La tenue du colloque à Marseille (sa ville de décès) se matérialise le 29 mai 2021 au moment du 191e anniversaire de sa naissance.

Heureusement, pour tout de même marquer cet anniversaire, nous avons la chance et l’honneur de publier ce jour les premières pistes de réflexion qui ouvriront nos débats en 2021.

Il s’agit d’un premier texte du professeur Geneviève KOUBI
que nous remercions mille fois :

Louise Michel.
Droit/s de/à la révolte

Geneviève Koubi,
professeur, Université Paris 8,

CERSA-CNRS UMR 7106

« Des femmes radicales de premier plan
qui allaient ensuite défendre la Commune s’étaient jointes au soulèvement de janvier.
Parmi elles figurait Louise Michel (1830-1905) :
armée d’un fusil, elle criait « Vive la Commune ! » ;
le nom de ce personnage quasi-légendaire
devait devenir synonyme de la Commune.
Humble maîtresse d’école, c’était non seulement une idéaliste
mais aussi quelqu’un de courageux et de résolu.
Elle prit pour modèles les héroïnes de la première révolution française.
Même si elle s’exprima dans des réunions publiques
et écrivit plus tard des mémoires qui apportèrent un témoignage précieux sur l’histoire de la Commune,
ce fut moins une théoricienne
qu’une participante active de la Commune. »[1]

 La figure communarde de Louise Michel ne peut être dessinée exclusivement dans la temporalité spécifique de la Commune de Paris en 1871[2]. Si Louise Michel a activement participé à ses actions, si elle a pris la parole dans les réunions des nombreux comités, clubs et associations qui avaient alors lieu, ce ne fut qu’aux derniers jours de la Commune que son image prit une stature emblématique, – celle-ci ayant été magnifiée à l’occasion de son procès en décembre 1871[3], notamment en ce qu’elle avait demandé à être exécutée en solidarité avec les victimes de la Semaine sanglante, en quelques mots :

« … j’appartiens toute entière à la révolution sociale, et je déclare accepter la responsabilité de mes actes (…). Ce que je réclame de vous qui vous donnez comme des juges et vous instituez conseil de guerre, de vous qui, du moins, ne vous cachez pas pour frapper comme la commission des grâces, c’est une place au champ de Satory, où nos frères sont déjà tombés. Oui, on a eu raison de le dire, je n’ai plus de place dans ce monde, et puisqu’au temps où nous vivons, il semble que tous ceux en qui vibre encore l’amour de la liberté n’aient plus droit qu’à un peu de plomb dans le cœur, j’en réclame ma part … »[4].

En quelque sorte, le statut d’héroïne qui lui a été décerné est d’abord le produit de récits et témoignages publiés par d’anciens communards au début de la IIIe République[5]. Confirmée par la suite en divers écrits ultérieurs[6] jusqu’à nos jours[7], cette effigie de révolutionnaire convaincue et résolue demeure. Pourtant, ce n’est que par ses discours et par ses ouvrages postérieurs à la proclamation de la Commune, à la mise en place du communalisme, à sa déportation vers la Nouvelle-Calédonie[8] et à son retour en France continentale, à Paris, le 9 novembre 1880 – malgré le refus qu’elle opposa aux démarches faites en sa faveur pour l’octroi d’une grâce[9] – qu’a été retracé son portrait non d’actrice mais plutôt de partisane déterminée de la révolution sociale – et, peut-être par là, de ressentimentale à travers son travail mémoriel[10] plus que de nostalgique des utopies la Commune de 1871. Mais, bien que son nom soit souvent cité dans les études menés sur l’histoire du XIXe siècle, la personne comme l’action de Louise Michel ne peuvent être réduites en un cliché.

« À travers Louise Michel se configurent des lignes de partage politiques et idéologiques qui divisent le dernier tiers du XIXe siècle. Louise Michel évolue dans un univers de perceptions, de représentations individuelles et collectives, qui ont travaillé sa figure pour ce qu’elle représente du passé (notamment par son lien avec la Commune de Paris), pour ce qu’elle personnifie dans le présent (l’émancipation des femmes, la perspective révolutionnaire, la critique du parlementarisme, l’égalité sociale ou la lutte contre la bourgeoisie), et pour le potentiel futur qu’elle incarne. »[11]

C’est en suivant cette perspective que se comprend la célébrité politique de Louise Michel[12]. La force des idées qu’elle diffuse dérange l’ordre établi. Aussi,

« [é]tudier les conférences de Louise Michel permet de rendre compte d’une trajectoire propagandiste dans les débuts de la IIIe  République et de suivre les scissions qui parcourent le mouvement socialiste révolutionnaire. S’y donnent à voir les conditions du militantisme de celles et ceux qui ont fait l’expérience d’un mouvement révolutionnaire abouti (la Commune de Paris) et d’une répression meurtrière. »[13]

Les prises de position révolutionnaires de Louise Michel ne se sont pas énergiquement affirmées pendant la Commune de Paris de mars à mai 1871, même si nombre de ses attitudes antécédentes avaient révélé son attachement à la République, son souci d’une éducation citoyenne des enfants, ses préoccupations déterminantes pour les classes sociales défavorisées.

Avant l’insurrection du 18 mars et la mobilisation pour l’institution de la Commune, durant le siège de Paris, animés par « une cause commune », la population s’était rebellée autant contre les forces ennemies que contre un gouvernement qui avait déjà fui hors de la capitale. Le choix d’une paix tronquée par un armistice en forme de capitulation avait exacerbé en son sein les inclinations altruistes et solidaires. « Pour Louise Michel comme pour beaucoup d’autres, ce sentiment atteignait son paroxysme dans les clubs politiques où l’esprit de 1793 semblait ressuscité »[14], il s’agissait alors du comité de vigilance de Montmartre et du club la Patrie en danger – la dénomination même de ce club en révélant la tendance blanquiste[15].

Si, à de nombreuses reprises, notamment durant l’hiver 1870-1871, Louise Michel avait estimé que la contribution des femmes à l’effort de guerre, aux formes de la Défense nationale, devait absolument être admise, au moins pour les transports ambulanciers à effectuer, les secours à administrer et les soins à prodiguer aux blessés[16], – et, qu’on le veuille ou non, ces fonctions répondaient encore aux présupposés sexistes quant à la qualité des tâches réalisables par les femmes. De telles activités étaient pourtant essentielles, et les femmes ne se sont pas privées de s’emparer des fusils abandonnés sur le terrain. Par la suite, la demande pressante d’une participation armée à la défense de Paris fut réitérée à plusieurs reprises, plus particulièrement durant les derniers jours de la Commune lorsque les forces versaillaises montèrent à l’assaut de la ville de Paris. De facture combative et martiale, cette revendication soutient le blason féministe de Louise Michel, image qui s’approfondira au fil du temps. Pourtant, en ses Mémoires, Louise Michel reconnaît ne s’être engagée vigoureusement sur les barricades qu’à compter du lundi 22 mai 1871.

En 1871, Louise Michel n’était pas encore une propagandiste anarchiste, ni militante féministe.

Ce ne fut qu’a posteriori que Louise Michel fut présentée en une figure féministe[17]. Alors même qu’elle « refusait de s’attarder sur cette « bête question » de l’égalité des sexes »[18], cette description l’enferme désormais dans un modèle qui atténue sa posture politique révolutionnaire :

« Louise Michel est assignée à incarner le féminisme du dernier tiers du XIXe siècle, souvent au détriment de son engagement anarchiste et révolutionnaire. Elle représente dans sa version républicaine les combats des femmes, et est par ce biais renvoyée à sa classe de sexe. Ce sont les dimensions charismatiques et symboliques de cette figure qui sont valorisées, davantage que son rôle politique et idéologique. »[19]

Certes, durant la Commune comme après, lors de différentes prises de parole, en des discours et conférences, Louise Michel en avait appelé aux femmes, aux citoyennes de Paris[20], afin d’insuffler un mouvement d’adhésion aux idéaux portés par la Commune puis afin de prolonger la lutte pour la réalisation de la révolution sociale tant souhaitée. 

« [P]our Louise Michel, la cause révolutionnaire telle qu’elle la voyait était plus importante que les questions touchant les femmes : aussi lutta-t-elle de toutes ses forces pour en assurer la primauté. Lors du siège de Paris, elle fut membre des comités de vigilance masculin et féminin de Montmartre et participa aux réunions de l’un et de l’autre : « On ne s’inquiétait guère à quel sexe on appartenait pour faire son devoir. Cette bête de question était finie », écrivait-elle dans ses Mémoires. »[21]

Louise Michel n’est devenue une figure révolutionnaire et anarchiste qu’à partir des années 1890[22]. Pourtant, il a été noté que Louise Michel « écrit dans La Commune qu’elle est clairement devenue anarchiste dans le bateau qui la déportait en Nouvelle-Calédonie »[23]. En novembre 1895, elle (re)fonde le journal hebdomadaire Le Libertaire avec Sébastien Faure qui, connaisseur de maints écrits anarchistes[24], poursuivra avec constance sa recherche sur la résolution solidaire et universelle de la « question sociale »[25].

De nombreux historiens insistent sur la forme révolutionnaire des discours de Louise Michel comme sur ses convictions anarchistes[26], lesquelles en appellent bien plus à Auguste Blanqui qu’à Bakounine qui, pourtant, incitait à soutenir la révolte en termes d’action directe et à préconiser l’auto-organisation collective[27], ou qu’à Pierre-Joseph Proudhon alors même que nombre des idées associatives et fédéralistes de la Commune étaient puisées dans ses écrits[28]. De la voir brandir un « drapeau noir » lors de la manifestation des sans-travail aux Invalides à Paris, le 9 mars 1883, avait tant fait frémir les bourgeois ! Elle justifia avoir affiché cet étendard lors de son procès  22 juin 1883, affirmant alors « que ce drapeau est le drapeau des grèves et qu’il indique que l’ouvrier n’a pas de pain », insistant aussi sur sa nature non-violente : « Si notre manifestation n’avait pas dû être pacifique, nous aurions pris le drapeau rouge… »[29]

Logiquement, suivant ces convictions, les questions de « droit » ne sont pas fondamentalement au cœur des discours de Louise Michel[30]. Elles ne l’intéressent qu’en ce qu’elles permettraient à la population d’échapper aux lois liberticides, aux peuples de se libérer des colonisateurs, aux travailleurs de s’émanciper des exploiteurs, aux pauvres d’accéder aux biens vitaux et essentiels, etc. Louise Michel n’évoquera pas un « droit à la révolution », la révolution ne se comprenant que par l’action menée principalement contre l’ordre établi, contre le pouvoir, contre l’État. Tout juste peut-elle penser la révolte comme d’un « droit à l’insurrection »[31] afin d’insuffler le mouvement … en prélude au Grand soir.[32]


[1]             Marisa Linton, « Les femmes et la Commune de Paris de 1871 » (trad. C. Hivet), Revue historique, 1997, t. 298, p. 29.

[2]             Voir Sidonie Verhaeghe. De la Commune de Paris au Panthéon (1871-2013) : célébrité, postérité et mémoires de Louise Michel. Sociologie historique de la circulation d’une figure politique. Thèse, Science politique, Lille II, 2016.

[3]             C’est en cette occasion que Louise Michel fut surnommée « la vierge rouge ».

[4]             Retranscription dans le journal La République française du 17 décembre 1871. Cf. aussi, compte rendu du VIe Conseil de guerre (à Versailles), audience du 16 décembre 1871, Gazette des Tribunaux, décembre 1871. Voir, également, Louise Michel devant le 6e conseil de guerre : son arrestation par elle-même, dans une lettre au citoyen Paysant, Louise Michel devant le 6e Conseil de guerre. Son arrestation par elle-même dans une lettre au citoyen Paysants, éd. Salle des dépêches du citoyen, Impr. nouvelle, Paris, 1880 ; « Vive la Commune ! », procès de Louise Michel, 16 décembre 1871, édition bilingue, Seuil, coll. Points, sous-coll. Les grands discours, 2011 (ce texte étant suivi de : Jules Vallès, La Commune est proclamée, 30 mars 1871, et de : Karl Marx, La guerre civile en France, adresse à l’Internationale ouvrière, 30 mai 1871).

[5]             Voir Sidonie Verhaeghe, « Louise Michel, féministe : analyse d’une opération de qualification politique aux débuts de la IIIe République », Le Temps des médias, 2017, n° 29, pp. 18-32.

[6]             Voir, par ex., Irma Boyer, « La vierge rouge », Louise Michel, André Delpeuch éd., 1927 ; Françoise Möser, Une héroïne, Louise Michel, Jean Vignaux éd., 1947 ; Paule Lejeune, Louise Michel, l’indomptable, éd. des femmes, 1978 (rééd. L’Harmattan, 2002) ; Xavière Gauthier, L’insoumise, (« biographie romancée »), ed. Manya, 1991.

[7]             Voir Stéphane Zékian, « Roman, oralité, incorrection : Louise Michel et l’écriture de l’insurrection », dans Quentin Deluermoz, Anthony Glinoer (dir.), L’insurrection entre histoire et littérature (1789-1914), Éd. de la Sorbonne, coll. Histoire de la France XIXe-XXe siècles, 2015, pp. 107-124. D’autres portraits ont pu en être dressés, voir, par ex., Claude Rétat, Art vaincra ! Louise Michel, l’artiste en révolution et le dégoût du politique, éd. Bleu autour,  coll. La petite collection, 2019. Voir aussi en bande dessinée, Mary M Talbot, Bryan Talbot (trad. B. Béguerie), Louise Michel, la Vierge Rouge, éd. Vuibert. 2020.

[8]             Voir, à ce propos,Joël Dauphiné Joël, La déportation de Louise Michel. Vérités et légendes, Les Indes Savantes, 2006.

[9]             Qu’elle obtint le 16 octobre 1879.

[10]           Voir Sidonie Verhaeghe, « « Les victimes furent sans nom et sans nombre ». Louise Michel et la mémoire des morts de la Commune de Paris », Mots. Les langages du politique, 2012, n° 10, pp. 31-42.

[11]           Sidonie Verhaeghe, « La jeunesse de Louise Michel: enjeux politiques des récits sur les origines d’une révolutionnaire », Criminocorpus, 2018, http://journals.openedition.org/criminocorpus/3714, (consulté le 16 juillet 2019).

[12]           « Étudier le parcours de la célébrité de Louise Michel conduit à interroger les conditions et les formes de sa mise en visibilité politique, qui l’amènent à être connue et reconnue au-delà de son cercle relationnel. Il faut analyser les vecteurs de production et de diffusion d’une connaissance autour de Louise Michel, les espaces de sa diffusion, et les reconfigurations qui s’opèrent en fonction des espaces sociaux et des publics. En effet, les canaux de la célébrité ne sont pas uniformes : ils peuvent être les meetings et les conférences pour les militants ouvriers et socialistes, la presse populaire et la littérature de trottoir pour l’audience urbaine parisienne, les journaux régionaux et locaux pour le public rural ou les habitants des villes de province. » :  Sidonie Verhaeghe. De la Commune de Paris au Panthéon (1871-2013) : célébrité, postérité et mémoires de Louise Michel. Sociologie historique de la circulation d’une figure politique. Thèse, Science politique, Lille II, 2016, p. 58.

[13]           Sidonie Verhaeghe, « Une pensée politique de la Commune : Louise Michel à travers ses conférences », Actuel Marx, 2019, n° 66, p. 81.

[14]           Marisa Linton, « Les femmes et la Commune de Paris de 1871 »  (trad. C. Hivet), Revue historique, 1997, t. 298, p. 31.

[15]           Louis Auguste Blanqui étant, dès après le 4 septembre 1870, le fondateur du journal la Patrie en danger. Cette fibre militante de Louise Michel durant la Commune est particulièrement retenue par bien des historiens, voir, par ex. : « La Commune est surtout une révolution sociale qui entend assurer l’égalité entre tous et libérer les prolétaires de leur état de servitude. Le drapeau rouge flotte sur la ville. Blanquistes, internationalistes, proudhoniens se côtoient au sein du conseil. Pour Louise Michel, qui se réclame d’Auguste Blanqui, cette révolution sociale est également un moyen de donner une nouvelle place aux femmes dans la société. »: Yann Simon, « La Commune : une expérience politique singulière » (22 mai 2019) sur https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_1892588/louise-michel-dans-les-evenements-et-les-memoires-de-la-commune-de-paris (consulté le 11 avril 2020). Voir, par ailleurs, Elsa Guillalot, Louis-Auguste Blanqui et son double. Un mythe politique moderne dans la France des XIXe et XXe siècles, Thèse, Science politique, Grenoble II, 2000.

[16]           Notant que Louise Michel était ambulancière…

[17]           Voir Sidonie Verhaeghe, « Louise Michel, féministe : analyse d’une opération de qualification politique aux débuts de la IIIe République », Le Temps des médias, 2017, n° 29, pp. 18-32.

[18]           Suivant l’expression de Michèle Riot-Sarcey dans Histoire du féminisme, La Découverte, coll. Repères, 2015, p. 84.

[19]           Sidonie Verhaeghe, « Louise Michel au Panthéon ? », Politis hebdo, 1er avr. 2020, n° 1597.

[20]           Voir, par ex., Louise Michel, Aux citoyennes de Paris, L’Herne, coll. Carnets, 2016.

[21]             Marisa Linton, « Les femmes et la Commune de Paris de 1871 »  (trad. C. Hivet), Revue historique, 1997, t. 298, p. 29.

[22]           Lisant les ouvrages de Claude Retat (Art Vaincra ! Louise Michel. L’artiste en révolution et le dégoût du politique, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Bleu autour, 2019, et – textes réunis et présentés – Louise Michel, La Révolution en contant. Histoires, contes et légendes de Louise Michel, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Bleu autour, 2019), Jean-Claude Bonnet note : « Devenue une anarchiste résolue après sa déportation en Nouvelle-Calédonie, Louise Michel n’a jamais vraiment rendu les armes. Elle a continué d’entretenir le flambeau dans des interviews et des interventions à caractère politique, mais sans s’exprimer jamais pour autant en doctrinaire et en théoricienne de la révolution. » : Jean-Claude Bonnet, « Louise Michel est très bien », Critique, 2019, n° 11, p. 997.

[23]           Édouard Jourdain, L’anarchisme, La Découverte, coll. Repères, 2013, p. 51.

[24]           … et libéraux, comme ceux de Herbert Spencer, dont notamment : Le Droit d’ignorer l’État, 1850, [(trad.), dans La Brochure Mensuelle, octobre 1923, n° 10, éd. du Groupe des propagandes par la Brochure] ; L’Individu contre l’État, 1884, [(trad.) éd. Félix Alcan, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine, 1885].

[25]           Voir Sébastien Faure, La Question sociale (Position de la Question), Brochure, Publications périodique de la colonie communiste d’Aiglemont (Ardennes), mars 1906, n° 2.

[26]           Notant que, suivant une analyse lexicométrique, pour Louise Michel, « la catégorie des révolutionnaires regroupe (…) ceux qui se revendiquent ouvertement de la révolution sociale, de l’action directe et de la lutte des classes : socialistes antiparlementaires, anarchistes, blanquistes, syndicalistes révolutionnaires, guesdistes, communistes » : Sidonie Verhaeghe. De la Commune de Paris au Panthéon (1871-2013) : célébrité, postérité et mémoires de Louise Michel. Sociologie historique de la circulation d’une figure politique, encadré n° 5 : Méthodologie de l’analyse lexicométrique,Thèse, Science politique, Lille II, 2016, p. 256.

[27]           Voir Mickaïl Alecsandrovitch Bakounine, Étatisme et anarchie, 1873 [(trad.) éd. Tops/Trinquier. éd. 2012] ; De la guerre à la Commune, (textes de 1870-1871), Anthropos, 1972.

[28]           Voir Pierre-Joseph Proudhon, Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution, E. Dentu Lib-Éd., 1863. Voir, aussi, Pierre Ansart, « Proudhon : Anarchisme ou Fédéralisme ? », C@hiers de psychologie politique, 2010, n° 16, http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1412 (consulté le 20 janvier 2020), – dont la dernière phrase signe le probable apport de ses thèses à la Commune : « … la Commune de Paris, en 1871, n’a-t-elle pas été, par la spontanéité des fraternisations, par la recherche des liens de fédérations et de confédérations, une confirmation historique des thèses et des intuitions proudhoniennes ? ».

[29]           « Défense de Louise Michel », prononcée le 22 juin 1883, devant la Cour d’Assise de la Seine,  Imp. du Progrès, Bordeaux, 1883 [reprod. dans Écrits sur l’Anarchisme, éd. Seghers, coll. Écrits. 1964].

[30]           Toutefois, devant l’importance accordée désormais aux environnements, en puisant dans ses écrits, peut-être lui trouvera-t-on demain une forte fibre écologiste. Ce, en sus d’une posture animaliste. Voir, par ex., sur ce point, Philippe Pelletier, « L’anarchisme et l’animal », Pour, 2016, n° 3, pp. 89-99 : « Louise Michel critique l’origine bourgeoise, donc non ouvrière, des premières ligues de protection animale. En défendant la cause animale, elle fait d’une pierre trois coups : elle assimile l’abrutissement des animaux à celui des travailleurs ; elle dénonce l’hypocrisie des bourgeois qui s’occupent des premiers sans se soucier des seconds ; et elle critique les opprimés qui se vengent sur plus faible qu’eux – les animaux. » (p. 91). Voir, également, Christophe Traïni, « Victimes (animales) et domination sociale », dans Christophe Traïni (dir.), La cause animale. Essai de sociologie historique (1820-1980), PUF, 2011, pp. 143-182 ; citant ses Mémoires : « Selon Louise Michel, figure notable de la Commune, icône de la gauche libertaire et anarchiste, l’engagement révolutionnaire auquel elle consacra son existence n’est pas sans rapport avec les réactions affectives éprouvées, dès son plus jeune âge, à la vue des supplices infligés aux animaux. (…) Ainsi, au regard de Louise Michel, la compassion pour les animaux victimes de la domination des hommes est au fondement de sa détermination à combattre le principe même de la tyrannie et de l’injustice : « Des cruautés que l’on voit dans les campagnes commettre sur les animaux, de l’aspect horrible de leur condition, date avec ma pitié pour eux la compréhension des crimes de la force. C’est ainsi que ceux qui tiennent les peuples agissent envers eux ! » » (p. 144).

[31]           Voir, cependant, Quentin Deluermoz, Anthony Glinoer (dir.), L’insurrection entre histoire et littérature (1789-1914), Publications de la Sorbonne, 2015.

[32]           Bien que cette expression n’avait pas encore surgi à cette époque, voir Aurélie Carrier, Le Grand soir, éd. Libertaria, 2017.

08h30 : accueil du public

08h45   Allocutions d’ouverture

  • Mot de bienvenue des organisateurs (Collectif L’Unité du Droit (Clud))
  • Rappel d’éléments biographiques par un.e étudiant.e .
    Proposé à un.e étudiant.e. de Licence de l’Université Aix-Marseille

Louise Michel & le(s) droit(s) en Méditerranée

Citoyens Raphaël Costa & Mathieu TouzeilDivina
Doctorant en droit public, Université Paris Sud, Idest, Clud
& Professeur de droit public, Université Toulouse 1 Capitole, Clud

09h30 – Égalité & liberté(s)

Louise Michel sans Dieu

Citoyen Clément Bénelbaz
Maître de conférences, Université Savoie Mont-Blanc, Cdppoc, Clud

Louise Michel : de l’insurrection aux libertés

Citoyen Antonin Gelblat
Docteur en droit public de l’Université Paris Nanterre, Credof, Clud

10h15 Pause

Louise Michel & le(s) juge(s)

Citoyennes Sophie Prosper & Marie Koehl
Docteures en droit privé, Université Paris Nanterre, Clud

Louise Michel & l’enfer (mement) carcéral

Citoyenne Marion Lacaze
Maître de conférences à l’Université de Bordeaux, Iscj

Louise Michel & les droits sociaux (sous réserve)

Proposé au citoyen Michel Borgetto
Professeur de droit public, Université Paris II, Cersa

Louise Michel & un droit de révolution

Citoyenne Geneviève Koubi
Professeur de droit public à l’Université Paris 8, Cersa, Clud

12h00 Pause déjeuner (libre)

14h 00 Entracte (à confirmer)

plus de détails (ci-dessous)
sur cet entracte théâtral

15h00 – Égalité & citoyenneté

Louise Michel & les nationalités en République

Citoyennes Carolina Cerda-Guzman & Anna Neyrat
Maîtresses de conférences à l’Université Paul Valéry Montpellier III, Cerccle, Clud

Louise Michel & l’accès aux soins et à l’Education

Citoyen Arnaud Lami
Maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille,
Directeur du Cds (Umr 7268), Clud

Louise Michel & la sororité !

Citoyenne Mélanie Jaoul
Maîtresse de conférences à l’Université de Montpellier, Ldp, Cermud, Clud

16h00 Pause

16h30 – Egalité & collectivité(s)

Louise Michel & la Commune : ni Etat (ni Constitution)

Citoyen Pierre Boisseau
Maître de conférences à l’Université de Tours, Irji

Louise Michel & les Kanaks

Citoyen Eric Soriano
Maître de conférences en sciences politiques, Univ. P. Valéry Montpellier III, ART-Dev

17h15 – Allocution de clôture

Louise Michel : de quel(s) droit(s) ?

Citoyenne Mathilde Larrère
Enseignante-chercheuse en histoire, Université Paris Est

Mercis à nos précieux soutiens & partenaires :

Laboratoire Méditerranéen de Droit Public

un merci tout particulier à l’artiste, Mathieu Roussel, qui a gravé sur bois une oeuvre unique et exceptionnelle : des portraits des quatre hommes et femmes politiques (Jaurès, Michel, Péguy & Maurras) qui seront l’objet de nos études.

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Colloque Louise Michel & le(s) droit(s)

Annonce au 07 mai 2020 :

les organisateurs du colloque Louise Michel & le(s) droit(s), en accord avec le Mucem, hôte de l’événement, ont décidé de son report courant 2021 eu égard aux risques pandémiques actuels.

De nouveaux détails seront affichés ici dès que nous pourrons les communiquer !

Après un premier volet consacré à JAURES & le(s) droit(s) (cf. ICI & LA), le Collectif L’Unité du Droit, avec le soutien du Centre de Recherche en Droit, Antoine Favre de l’Université Savoie Mont-Blanc, du Laboratoire Méditerranéen de Droit Public et du Centre de Droit de la Santé – Umr Ades de l’Université d’Aix-Marseille, vous invite à un nouveau colloque :

Louise Michel
& le(s) droit(s)
Marseille – Mucem –
29 mai (…) – dès 08h45
salle Meltem – 1er étage
de l’I2MP (Mucem)

Cette manifestation s’inscrit donc dans un quadriptyque scientifique proposé par le Collectif L’Unité du Droit (Clud) à l’initiative du professeur Touzeil-Divina et ayant pour thème de réflexion(s) le(s) politique(s) & le(s) droit(s). Sont prévues les quatre manifestations suivantes au cours desquelles il n’est pas question de considérer comme « juriste » les hommes et femmes politiques interrogés mais où il s’agit de questionner la façon dont ces citoyens engagés ont utilisé le(s) droit(s) :

  • Jean Jaurès (1859-1914) & le(s) droit(s) (Toulouse, 03 septembre 2019) ;
  • Louise Michel (1830-1905) & le(s) droit(s) (Marseille, 29 mai (…)) ;
  • Charles Maurras (1868-1952) & le(s) droit(s) (2022).
  • & Charles Péguy (1873-1914) & le(s) droit(s) (2023).

Un comité scientifique et d’organisation (avec des juristes en droits public et privé) a été institué pour chaque colloque. Voici celui du colloque « Louise Michel » :

  • Clément Benelbaz, Maître de conférences à l’Université Savoie Mont Blanc
  • Carolina Cerda-Guzman, Maître de conférences à l’Université de Montpellier III
  • Raphaël Costa, doctorant à l’Université Paris Sud
  • Mélanie Jaoul, Maîtresse de conférences à l’Université de Montpellier
  • Geneviève Koubi, Professeur à l’Université Paris 8, Cersa
  • & Mathieu Touzeil-Divina, Professeur à l’Université Toulouse 1 Capitole.

L’idée générale du colloque est de faire ressortir dans les écrits de Louise Michel trois thèmes qui nous semblent opportuns en matière de droit(s) et surtout d’Egalité et ce, à partir de ses ouvrages mais également de ses discours, textes, poèmes (etc) et de ses engagements. La femme et sa doctrine ont fait l’objet d’études historiques, littéraires, philosophiques et même sociologiques mais très peu en Droit ce qui justifie la présente démarche.

La tenue du colloque à Marseille (sa ville de décès) se matérialise le 29 mai (…) au moment du 190e anniversaire de sa naissance.

En voici le programme prévisionnel
que vous pouvez télécharger ICI
au 12 février 2020 :

08h30 : accueil du public

08h45   Allocutions d’ouverture

  • Mot de bienvenue des organisateurs (Collectif L’Unité du Droit (Clud))
  • Rappel d’éléments biographiques par un.e étudiant.e .
    Proposé à un.e étudiant.e. de Licence de l’Université Aix-Marseille

Louise Michel & le(s) droit(s) en Méditerranée

Citoyens Raphaël Costa & Mathieu TouzeilDivina
Doctorant en droit public, Université Paris Sud, Idest, Clud
& Professeur de droit public, Université Toulouse 1 Capitole, Clud

09h30 – Égalité & liberté(s)

Louise Michel sans Dieu

Citoyen Clément Bénelbaz
Maître de conférences, Université Savoie Mont-Blanc, Cdppoc, Clud

Louise Michel : de l’insurrection aux libertés

Citoyen Antonin Gelblat
Docteur en droit public de l’Université Paris Nanterre, Credof, Clud

10h15 Pause

Louise Michel & le(s) juge(s)

Citoyennes Sophie Prosper & Marie Koehl
Docteures en droit privé, Université Paris Nanterre, Clud

Louise Michel & l’enfer (mement) carcéral

Citoyenne Marion Lacaze
Maître de conférences à l’Université de Bordeaux, Iscj

Louise Michel & les droits sociaux (sous réserve)

Proposé au citoyen Michel Borgetto
Professeur de droit public, Université Paris II, Cersa

Louise Michel & un droit de révolution

Citoyenne Geneviève Koubi
Professeur de droit public à l’Université Paris 8, Cersa, Clud

12h00 Pause déjeuner (libre)

14h 00 Entracte

La Plume & le fusil
par le T.O.C. Compagnie
à partir des textes de Louise Michel
Avec Emilie Paillard
Mise en scène Mirabelle Rousseau

(c) Le T.O.C. / Eric Morin

plus de détails (ci-dessous)
sur cet entracte théâtral

15h00 – Égalité & citoyenneté

Louise Michel & les nationalités en République

Citoyennes Carolina Cerda-Guzman & Anna Neyrat
Maîtresses de conférences à l’Université Paul Valéry Montpellier III, Cerccle, Clud

Louise Michel & l’accès aux soins et à l’Education

Citoyen Arnaud Lami
Maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille,
Directeur du Cds (Umr 7268), Clud

Louise Michel & la sororité !

Citoyenne Mélanie Jaoul
Maîtresse de conférences à l’Université de Montpellier, Ldp, Cermud, Clud

16h00 Pause

16h30 – Egalité & collectivité(s)

Louise Michel & la Commune : ni Etat (ni Constitution)

Citoyen Pierre Boisseau
Maître de conférences à l’Université de Tours, Irji

Louise Michel & les Kanaks

Citoyen Eric Soriano
Maître de conférences en sciences politiques, Univ. P. Valéry Montpellier III, ART-Dev

17h15 – Allocution de clôture

Louise Michel : de quel(s) droit(s) ?

Citoyenne Mathilde Larrère
Enseignante-chercheuse en histoire, Université Paris Est

NB : programme prévisionnel
que vous pouvez télécharger ICI

Plan d’accès à la salle Meltem (I2mp) du Mucem

Mercis à nos précieux soutiens & partenaires :

Laboratoire Méditerranéen de Droit Public

un merci tout particulier à l’artiste, Mathieu Roussel, qui a gravé sur bois une oeuvre unique et exceptionnelle : des portraits des quatre hommes et femmes politiques (Jaurès, Michel, Péguy & Maurras) qui seront l’objet de nos études.

La Plume & le fusil
par le T.O.C. Compagnie
à partir des textes de Louise Michel
Avec Emilie Paillard
Mise en scène Mirabelle Rousseau
Durée du spectacle 1 h
Dramaturgie Muriel Malguy
Costumes Mina Ly

(c) Le T.O.C. / Eric Morin

Toute sa vie, Louise Michel a affirmé son autonomie et créé les moyens de son émancipation. A travers elle, le corps féminin surgit dans l’espace public. Le spectacle aborde sous forme d’épisodes les grands moments de la vie de Louise Michel : son engagement comme enseignante pour une pédagogie nouvelle, sa lutte pour les femmes, son combat dans la bataille de la Commune et sa défense des Kanaks en Nouvelle Calédonie. 

Production Le T.O.C. / Co-production Le Forum, Boissy Saint Léger / Avec le soutien du Collectif 12, Mantes la jolie, du Théâtre Antoine Vitez, Ivry sur Seine, du Ministère de la Culture – DRAC Ile de France, de la Région Ile de France. La plume et le fusil a été créé au Forum de Boissy Saint Léger en mars 2019.

La Plume et le fusil - com. novembre-4.jpg

Le T.O.C. est une compagnie d’Ile de France. 
Site de la compagnie : www.letoc.fr Contact compagnietoc@gmail.com

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Attribution au Dr. R. Maurel du 2e prix de thèse de l’Unité du Droit

C’est désormais une tradition que le Collectif L’Unité du Droit espère pérenniser : l’attribution d’un prix de thèse de doctorat à une ou à un docteur de l’Université ayant mis en avant la thématique qui nous est chère …. de l’Unité du Droit ! Après un exceptionnel premier prix attribué en 2018 au Dr. Jean-Benoist Belda, désormais maître de conférences de droit privé à l’Université catholique de l’Ouest, pour ses travaux :

Du discours sur l’office de la Cour de cassation.
Contribution à l’analyse réaliste de la justice française 

… voici donc attribué – au printemps 2020 – notre 2e prix.

Pur l’attribuer, fut constitué fin 2019 le jury suivant :

Trois membres EXTERIEURS au Collectif l’Unité du Droit :

➢ M. le doyen Jean-Christophe PAGNUCCO
(Université de Caen Normandie) ; droit privé
➢ Mme le professeur Véronique CHAMPEIL-DESPLATS
(Université Paris Nanterre) ; droit public
➢ M. le professeur Sébastien PLATON
(Université de Bordeaux) ; droit public

Trois membres du Collectif l’Unité du Droit :

➢ M. le professeur Xavier BIOY
(Université Toulouse 1 Capitole) ; droit public
➢ Mme Dr. Mélanie JAOUL
(Université de Montpellier) ; droit privé
➢ M. le président Dr. Morgan SWEENEY
(Université Paris Dauphine) ; droit privé.

Après en avoir délibéré sous la présidence du président Morgan Sweeney, le jury a élu lauréat M. Raphaël Maurel que l’ensemble des membres du jury et du bureau du Clud félicitent très chaleureusement.

Pour le célébrer comme il se doit (et avant qu’il ne reçoive physiquement son prix), voici une présentation des travaux primés et de leur auteur :

La thèse de doctorat, rédigée sous la direction des Professeurs Charles-André DUBREUIL et Franck LATTY et soutenue le 2 décembre 2019 devant un jury composé des Pr H. Ascensio, J.-B. Auby, L. Dubin, Ch.-A. Dubreuil, P. Jacob, A. Jacquemet-Gauché et F. Latty, porte sur « les sources du droit administratif global ». Ce sujet, inspiré par le projet de recherche sur le Global administrative law (GAL) initié aux États-Unis au milieu des années 2000 puis repris en Italie et en Europe, a d’abord conduit l’auteur à proposer une déconstruction de ce champ doctrinal nouveau. Fondé sur une observation des conséquences de la globalisation sur le phénomène juridique au niveau « global », le projet du GAL est résolument prospectif. Il s’agit, essentiellement, de constater l’émergence de normes de type administratif au niveau global (transparence des procédures et du fonctionnement des organisations internationales et des « administrations globales » au sens large, ouverture de recours, accountability, etc.) et d’en proposer la multiplication pour répondre au déficit démocratique identifié au-delà de l’État. Cependant, la dimension « administrative » des normes, standards et procédures étudiés et suggérés n’apparaissait pas pleinement satisfaisante sur le plan théorique, de sorte qu’une redéfinition préalable du champ du « droit administratif global » – en français –, sous l’angle du droit positif, a paru indispensable. Par ailleurs, la doctrine à l’origine du projet de recherche rejette fermement la notion de « source » du droit, estimant cet outil peu pertinent pour appréhender ces nouveaux phénomènes juridiques. L’hypothèse ayant guidé la recherche résidait à l’inverse dans l’intuition que tous les phénomènes normatifs identifiables sous le vocable « droit administratif global » redéfini, y compris lorsqu’ils semblaient de prime abord échapper à tout modèle normatif connu, répondaient en réalité à un mode de formation identifiable. La recherche confirme cette hypothèse, en proposant une théorie des sources du droit administratif global.

Le lauréat et ses deux directeurs de thèse
lors de la soutenance des travaux (Clermont-Ferrand, 2 décembre 2019).

Au-delà de l’apport à l’étude d’un pan spécifique du droit international, dont le droit administratif global tel qu’analysé constitue une branche, la recherche a d’emblée dû s’émanciper de la traditionnelle distinction entre droit public et droit privé. Celle-ci avait notamment conduit les concepteurs du GAL à écarter du champ du projet, sans réellement le justifier, les entreprises multinationales. Pourtant, celles-ci, lorsqu’elles prennent certaines décisions « globales » susceptibles d’affecter plusieurs ordres juridiques, se soumettent d’elles-mêmes, ou sont soumises par des procédés que la thèse tente d’éclairer, à des normes qualifiables de « droit administratif global ». S’affranchir de la distinction entre ordres juridiques publics et privés a donc permis d’inclure le processus décisionnel de ces entreprises, en tant qu’entités globales, dans l’étude du droit administratif global et particulièrement de ses sources. La recherche montre, à plusieurs reprises, que cette distinction public / privé ne revêt que peu d’intérêt pour l’analyse du droit administratif global. En particulier, l’une des prémisses du raisonnement est que l’épithète « administratif » peut ne pas être conditionné par le caractère public de l’entité appliquant, ou soumise à, la norme étudiée – c’est-à-dire par un critère organique. Les conclusions de l’étude ne permettent pas de contester la pertinence de ce choix préliminaire, dans la mesure où elles sont valables, notamment quant au rôle central de l’État dans la formation du droit administratif global, à la fois pour les entités privées et publiques. L’unité du droit – ici administratif global – n’apparaît, en ce sens, que dès lors que l’observateur renonce à distinguer par principe le droit public du droit privé.

La recherche a, en outre, impliqué d’analyser le phénomène normatif sans égards pour les catégories classiques du droit, et notamment sans préjudice, dans un premier temps, des barrières que constituent les ordres juridiques. S’il résulte de la réflexion que l’ordre juridique demeure un outil fondamental de la compréhension de certaines caractéristiques des normes de droit administratif global – à l’instar de leur obligatoriété et de leur effectivité –, l’unité de cet ensemble ne repose pas sur lui, mais sur des fonctions communes aux sources des normes le composant, peu important leurs ordres juridiques d’origine.

Le lauréat !

Profession :

Pour l’instant, enseignant-chercheur vacataire & juge assesseur (CE) à la Cour nationale du droit d’asile.

Thèmes de recherche(s) :

Droit international, droit(s) administratif(s), théorie des sources du droit.

Quelle a été votre première collaboration / publication aux Editions L’Epitoge ?

Je participe à la relecture des ouvrages des Editions L’Epitoge depuis 2018 et ai eu l’occasion, le plaisir et le privilège d’en relire plusieurs, notamment l’excellent Droit(s) du bio (dir. H. Hoepffner, M. Touzeil-Divina).

Ma première publication aux Editions est L’eau et la forêt. Pistes pour une interaction en droit international !

Y en a-t-il eu d’autres ?

Pas encore !

Quelle est votre dernière publication ?

CHAUMETTE (A.-L.) & MAUREL (R.), Les contre annales du droit public. 66 erreurs que vous ne commettrez plus jamais, Paris, Enrick B. Editions, 2019, 443 p.

Quelle sera votre future publication ?

En 2020, il y aura :
« Les régimes d’inspection à travers le temps : regards sur l’évolution d’un mécanisme de garantie en droit international », in CHAUMETTE Anne-Laure, TAMS Christian (dir.), L’inspection internationale / International Inspection, Académie de droit international de La Haye, Centre for Studies and Research in International Law and International Relations Series, vol. 19, Leiden / Boston, Brill / Nijhoff.

« Le Système Antarctique, un laboratoire des régimes d’inspection internationale », in CHAN-TUNG Ludovic, CHOQUET Anne, LAVOREL Sabine, MICHELOT Agnès (dir.), Les apports du Traité de l’Antarctique au droit international, Paris, Pedone, 2020.

« La contribution de l’ordonnance Gambie c. Myanmar à l’élaboration d’un droit des mesures conservatoires », Revue du Centre Michel de l’Hospital, n°20, 2020.

Plusieurs notices : « inspection », « féminisme », « condoléances », « limogeage », « escalade » et « transparence », in NDIOR Valère (dir.), avec la collaboration éditoriale de MAUREL Raphaël et WEIL Élodie, Dictionnaire de l’actualité internationale, Paris, Pedone, 2020.

« Les Avengers et les compétences de l’État en droit international », in BASIRE Yann, CIAUDO Alexandre (dir.), Du Punisher au Lawyer : les super-héros au prisme du droit, Strasbourg, Presses universitaires de Bourgogne, 2020.

…et sans doute d’autres choses !

Quelle est la publication dont vous êtes le.la plus fier.e / heureux.se ?

Les contre-annales du droit public ! Un travail très efficace mené sur un an, avec une équipe d’auteurs au top, pour un résultat que nous espérons utile à tous !

Quel est – en droit – votre auteur.e préféré.e ?

Bonne question…malgré mon profil essentiellement internationaliste, je pense que c’est Léon Duguit !

Quel est – en littérature – votre auteur.e préféré.e ?

J’aime beaucoup, dans des styles très différents (et par ordre alphabétique), Tolkien, Voltaire, Zelazny et Zola. Mais mon auteur préféré reste Orwell.

Quel est – en droit – votre ouvrage préféré ?

Les transformations du droit public.

Quel est – en littérature – votre ouvrage préféré ?

La ferme des animaux ! Un bijou !

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Anniversaire :-) & reports ;-( = bonnes lectures !

Le Collectif L’Unité du Droit a été fondé le 13 mars 2004 par MM. Mathieu Touzeil-Divina et Morgan Sweeney … Ces deux étudiants sont devenus enseignants-chercheurs et vous ont proposé de célébrer ensemble … leur 15e anniversaire de Clud 🙂 pendant l’année 2019-2020 avec 15 manifestations prévues.

Ce 13 mars 2020, voilà donc le 16e anniversaire du Clud qui se célèbre !
Bon anniversaire le Clud !

Les précédents gâteaux (merci Albert !) de nos 10 ans au gala des 24 heures du Droit (2014).

Hélas la bonne nouvelle est marquée par d’autres célébrations pandémiques ; celles du Covid19.

Alors que bat son plein l’exposition à Toulouse (BU Arsenal) des XV visages et costumes du Droit, elle sera de facto interrompue dès lundi prochain…

Le Marathon du Droit 2020 – 19 mars à Pau – est reporté a priori à octobre 2020.

L’escape game juridique des 15 ans du Clud est également reporté ou annulé tout comme le week-end anniversaire (à Lourdes pourtant ^^) les 20-21-22 mars 2020.

Nb : pour l’heure le colloque Louise Michel & le(s) droit(s) prévu à Marseille le 29 mai 2020 est maintenu.

Nous aurons sûrement l’occasion de reporter tout cela (peut-être même lors de nos traditionnelles Universités d’été mais, au 13 mars 2020 en tout cas, nous ne le savons pas encore. Et à propos de savon :

Bref, bon anniversaire tout de même amies et amis du Collectif l’Unité du Droit, on se reverra post grippes autour d’un gâteau et de verres décalés mais non annulés !

Par ailleurs, petites et petits veinards : le Clud et ses Editions (L’Epitoge) vous ont concocté de nombreux ouvrages à lire pendant ces temps de confinement et certains mêmes pour vous redonner le sourire (si si) ! N’hésitez ainsi pas à vous procurer (en sorties de printemps) :

Les Mélanges en l’honneur
du professeur Jean-Louis Mestre :

Collection « Académique »
Volumes VIII & IX :
Des racines du Droit

& des contentieux.
Mélanges en l’honneur du professeur Jean-Louis Mestre

Ouvrage collectif

– Nombre de pages : 442 & 516

– Sortie : mars 2020

– Prix : 129 € les deux volumes.

ISBN / EAN unique : 979-10-92684-28-5 / 9791092684285

ISSN : 2262-8630

Mots-Clefs :

Mélanges – Jean-Louis Mestre – Histoire du Droit – Histoire du contentieux – Histoire du droit administratif – Histoire du droit constitutionnel et des idées politiques – Histoire de l’enseignement du Droit et des doctrines

Présentation :

Cet ouvrage rend hommage, sous la forme universitaire des Mélanges, au Professeur Jean-Louis Mestre. Interrogeant les « racines » du Droit et des contentieux, il réunit (en quatre parties et deux volumes) les contributions (pour le Tome I) de :

Pr. Paolo Alvazzi del Fratte, Pr. Grégoire Bigot, M. Guillaume Boudou,
M. Julien Broch, Pr. Louis de Carbonnières, Pr. Francis Delpérée,
Pr. Michel Ganzin, Pr. Richard Ghevontian, Pr. Eric Gojosso,
Pr. Nader Hakim, Pr. Jean-Louis Halpérin, Pr. Jacky Hummel,
Pr. Olivier Jouanjan, Pr. Jacques Krynen, Pr. Alain Laquièze,
Pr. Catherine Lecomte, M. Alexis Le Quinio, M. Hervé Le Roy,
Pr. Martial Mathieu, Pr. Didier Maus, Pr. Ferdinand Melin-Soucramanien, Pr. Philippe Nélidoff, Pr. Marc Ortolani, Pr. Bernard Pacteau,
Pr. Xavier Philippe, Pr. François Quastana, Pr. Laurent Reverso,
Pr. Hugues Richard, Pr. André Roux, Pr. Thierry Santolini, M. Rémy Scialom, M. Ahmed Slimani, M. Olivier Tholozan,
Pr. Mathieu Touzeil-Divina & Pr. Michel Verpeaux,

… et pour le Tome II :

M. Stéphane Baudens, M. Fabrice Bin, Juge Jean-Claude Bonichot,
Pr. Marc Bouvet, Pr. Marie-Bernadette Bruguière, Pr. Christian Bruschi,
Prs. André & Danielle Cabanis, Pr. Chistian Chêne, Pr. Jean-Jacques Clère, Mme Anne-Sophie Condette-Marcant, Pr. Delphine Costa,
Mme Christiane Derobert-Ratel, Pr. Bernard Durand, M. Sébastien Evrard, Pr. Eric Gasparini, Père Jean-Louis Gazzaniga, Pr. Simon Gilbert,
Pr. Cédric Glineur, Pr. Xavier Godin, Pr. Pascale Gonod,
Pr. Gilles-J. Guglielmi, Pr. Jean-Louis Harouel, Pdt Daniel Labetoulle,
Pr. Olivier Le Bot, Pr. Antoine Leca, Pr. Fabrice Melleray,
Mme Christine Peny, Pr. Laurent Pfister, Pr. Benoît Plessix,
Pr. Jean-Marie Pontier, Pr. Thierry S. Renoux, Pr. Jean-Claude Ricci,
Pr. Albert Rigaudière, Pr. Ettore Rotelli, Mme Solange Ségala,
Pdt Bernard Stirn, Pr. Michael Stolleis, Pr. Arnaud Vergne,
Pr. Olivier Vernier & Pr. Katia Weidenfeld.

Mélanges placés sous le parrainage du Comité d’honneur des :

Pdt Hélène Aldebert, Pr. Marie-Bernadette Bruguière, Pr. Sabino Cassese, Pr. Francis Delpérée, Pr. Pierre Delvolvé, Pr. Bernard Durand,
Pr. Paolo Grossi, Pr. Anne Lefebvre-Teillard, Pr. Luca Mannori,
Pdt Jean Massot, Pr. Jacques Mestre, Pr. Marcel Morabito,
Recteur Maurice Quenet, Pr. Albert Rigaudière, Pr. Ettore Rotelli,
Pr. André Roux, Pr. Michael Stolleis & Pr. Michel Troper.

Mélanges réunis par le Comité d’organisation constitué de :

Pr. Jean-Philippe Agresti, Pr. Florent Blanco, M. Alexis Le Quinio,
Pr. François Quastana, Pr. Laurent Reverso, Mme Solange Ségala,
Pr. Mathieu Touzeil-Divina & Pr. Katia Weidenfeld.

Ouvrage publié par et avec le soutien du Collectif L’Unité du Droit
avec l’aide des Facultés de Droit
des Universités de Toulouse et d’Aix-Marseille
ainsi que l’appui généreux du
Centre d’Etudes et de Recherches d’Histoire
des Idées et des Institutions Politiques (Cerhiip)
& de l’Institut Louis Favoreu ; Groupe d’études et de recherches sur la justice constitutionnelle (Gerjc) de l’Université d’Aix-Marseille.

Les Actes issus du 2e Marathon du Droit :
Lectures juridiques de fictions.
De la Littérature à la pop culture :

Collection « L’Unité du Droit »
Volume XXVII :
Lectures juridiques de fictions.
De la Littérature à la Pop-culture !

Ouvrage collectif sous la direction de
Mathieu Touzeil-Divina & Stéphanie Douteaud

– Nombre de pages : 190

– Sortie : mars 2020

– Prix : 29 €

– ISBN  / EAN : 979-10-92684-38-4
/ 9791092684384

– ISSN : 2259-8812

Mots-Clefs : Droit & Littérature – webséries – Casa de Papel – Servante écarlate – Aya Nakamura – Fictions – pop-culture – féminisme

Présentation :

De la littérature à la pop-culture, voici un recueil de lectures juridiques de fictions.

S’il est évident que toute fiction ne « parle » a priori pas de « droit », certains supports fictionnels (ce qui est le cas de nombreux romans identifiés notamment par le mouvement américain puis international Law & Literature) se prêtent, à l’instar de prétextes pédagogiques, à l’étude du ou des droits.

C’est à cet exercice, au moyen de quatre supports distincts (un roman, une pièce de théâtre, deux webséries et un corpus de chansons) que se sont prêtés – de la littérature classique à la pop-culture la plus contemporaine – les auteurs du présent livre : Jean-Benoist Belda, Raphaël Costa, Stéphanie Douteaud, Julia Even, Marine Fassi de Magalhaes, Julie Goineau, Mélanie Jaoul, Marie Koehl, Dimitri Löhrer, Agnès Louis, Julien Marguin, Yohan Mata, Catherine Minet-Letalle, Marie-Evelyne Monteiro, Isabelle Poirot-Mazères, Sophie Prosper, Hugo Ricci, Catherine Roche, Florent Tagnères, Mathieu Touzeil-Divina, Julie Vincent & Stéphanie Willman-Bordat. Introduit par une préface relative à la pop-culture, au féminisme et au Droit, l’ouvrage est construit autour de trois parties. La première interroge les représentations (chez Duras et Ionesco) de l’administration dans deux ouvrages de la littérature française. Par suite, l’opus fait place aux contributions qui avaient été prononcées (le 15 mars 2019 sous la direction de Frédéric Davansant, Stéphanie Douteaud & Mathieu Touzeil-Divina) lors du colloque du deuxième Marathon du Droit consacré aux lectures juridiques de deux webséries : la Servante écarlate et la Casa de Papel. Enfin, le livre se referme avec une postface à deux voix consacrée à l’analyse hypothétique du Droit à travers les chansons (et donc ici encore les fictions) d’Aya Nakamura.

Le présent ouvrage, dédié à Bibie et à ses ami.e.s,
a été coordonnée et publié par et avec
le soutien du Collectif L’Unité du Droit.

Les Actes issus du colloque :
Jaurès & le(s) droits :

Collection
« Histoire(s) du Droit »
Volume IV :
Jean Jaurès

& le(s) droit(s)

Ouvrage collectif sous la direction de
Mathieu Touzeil-Divina, Clothilde Combes
Delphine Espagno-Abadie & Julia Schmitz

– Nombre de pages : 232

– Sortie : mars 2020

– Prix : 33 €

– ISBN  / EAN : 979-10-92684-44-5
/ 9791092684445

– ISSN : 2272-2963

Mots-Clefs : Droit & Politique – Egalité – Liberté – Fraternité – Toulouse – 160e anniversaire – Parlement – Idées politiques

Présentation :

Jean Jaurès juriste ?
Tel n’est pas l’objet de démonstration du présent ouvrage. Jean Jaurès (1859-1914) est l’un des plus célèbres hommes politiques français et le Collectif L’Unité du Droit a décidé – en un quadriptyque d’études – de confronter les pensées de quatre hommes et femmes politiques (Jean Jaurès, Louise Michel, Charles Maurras & Charles Péguy) à l’analyse « en Droit » de juristes. L’idée générale des présentes contributions est de faire ressortir dans les écrits de Jaurès des thèmes qui nous ont semblé opportuns en matière de droit(s) et de République(s) et ce, à partir de ses ouvrages mais également de ses discours et de son expérience en tant qu’élu (local et national). L’homme et sa doctrine ont effectivement beaucoup fait l’objet d’études historiques, littéraires, philosophiques et même sociologiques mais très peu « en Droit » justifiant ainsi la présente démarche. Concrètement, l’opus confronte d’abord la pensée de Jaurès aux notions juridiques de liberté, d’Egalité et de Fraternité composant le triptyque républicain. Par ailleurs, Toulouse oblige (parce que l’homme y fut universitaire et maire-adjoint), les rapports entre Jaurès, la « ville rose » et ses institutions sont également abordés à l’instar – en conclusion – de son héritage.

Par ailleurs, la doctrine jauressienne est également analysée au regard du droit parlementaire (et de sa rationalisation) ainsi que des concepts de propriété et de République sociales. Y ont participé : Frédéric Balaguer, Guillaume Beaussonie, Alain Boscus, Clothilde Blanchon, Gilles Candar, Rémy Cazals, Clothilde Combes, Patrick Charlot, Nathalie Droin, Mélina Elshoud, Delphine Espagno-Abadie, Marietta Karamanli, Julia Schmitz & Mathieu Touzeil-Divina.

Le présent ouvrage, issu des actes du colloque de Toulouse en date du 03 septembre 2019 matérialisé le jour même du 160e anniversaire de naissance du tribun, a été réalisé grâce au soutien de la Fédération Jean Jaurès ainsi que du conseil départemental de la Haute-Garonne et du Collectif L’Unité du Droit. La gravure sur bois qui orne la première de couverture du livre est l’œuvre de M. Matthieu Roussel.

Hors collection :
Du droit chez Aya Nakamura ?

Deux auteurs du Collectif L’Unité du Droit ont symboliquement décidé, en ce 14 février 2020, jour de Saint-Valentin, de déclarer respectueusement leur flamme juridique à la chanteuse Aya Nakamura en rédigeant – en son hommage – un ouvrage (extrait d’un opus collectif sur les lectures juridiques de fictions et également publié aux Editions l’Epitoge du Collectif L’Unité du Droit).

Sérieusement ?
Du Droit chez Aya Nakamura ?
« Y’a pas moyen » vous dites-vous !

Et vous avez peut-être raison !

Le présent ouvrage, tiré à part collector des Editions L’Epitoge, publié dans le cadre des festivités dédiées aux 16 années du Collectif L’Unité du Droit, témoigne des habitudes de travail et de recherche(s) ainsi que de l’objet social même dudit Collectif : il est rédigé sur une forme parfois légère et enjouée tout en reposant, au fond, sur une analyse juridique rigoureuse et détaillée. Il se veut ainsi accessible sans renier sa vocation académique. Il a par ailleurs été conçu en binôme étroit et égalitaire par un professeur d’Université et par un doctorant.

L’opus est construit en trois parties qui interrogent respectivement (après avoir posé les enjeux de l’étude et son prétexte pédagogique au cœur du mouvement Droit & Littérature) : le droit administratif (I), le droit privé (II) et l’Unité du Droit (III) au cœur des chansons et des prises de position(s) de l’artiste Aya Nakamura ici décodée par deux juristes comme si – elle aussi – appartenait à la communauté juridique. Après cette lecture, « Y’a pas moyen Gaja ? », « J’veux du Sarl » et tant d’autres titres (vous faisant découvrir la chanteuse à travers les droits de la propriété intellectuelle, de l’espace ou encore des marchés publics) n’auront plus de secret pour vous ! Il paraîtrait même que la chanteuse serait hégélienne : « j’crois qu’c’est le concept » !

Prétexte(s) pédagogique(s). En adoptant le prisme de l’Unité du droit, en abordant la question du droit des femmes et celui des minorités qu’incarnent la chanteuse, en confrontant ses œuvres à des questions concrètes et contemporaines de droit (comme certaines des restrictions opérées en contentieux administratif et ici dénoncées), en faisant découvrir au lecteur des branches méconnues mais pourtant passionnantes (comme le droit de l’espace extra-atmosphérique), l’article fera réviser, réfléchir et apprendre. N’est-ce déjà pas si mal[7] ? Les auteurs de l’article et du présent ouvrage soutiennent en effet que l’étude du droit dans et par ou au moyen de la fiction classique comme contemporaine est un prétexte pédagogique permettant l’étude des disciplines académiques et des concepts et des notions juridiques en dehors de toute application positive. En d’autres termes, il s’agit d’une recherche juridique qui n’a d’autre fin qu’elle-même : le plaisir intellectuel de faire du droit. Par ailleurs, les auteurs ne moquent en aucun cas l’artiste, ses textes et ceux qui les écoutent. Ils ont conscience qu’ils jouent de fiction(s) eux-mêmes pour traiter de questions juridiques. Ils assument totalement le fait que le présent article n’est qu’une succession de prétextes pédagogiques à l’étude du / des droit(s) dans un cadre fictionnel et ce, au prisme de l’Unité du droit. Ils savent pertinemment qu’Aya Nakamura est une chanteuse mais ont décidé de l’envisager de manière fictive en juriste en analysant ses textes comme une doctrine juridique ou nakamurienne (sic) qui permettra d’interroger plusieurs pans du droit positif.

l’ouvrage a été publié avec le soutien
et en partenariat étroit avec le partenaire du Collectif L’Unité du Droit :
Curiosités Juridiques

Obsédés textuels. On dit parfois des juristes qu’ils sont des « obsédés textuels » et qu’ils réussissent à trouver sinon à voir du Droit partout y compris là où il n’y en aurait peut-être pas, de la même manière qu’un artiste verrait de l’art potentiel en tout chose. Il y a cependant aussi, à la seule lecture de l’intitulé de cette contribution, des juristes qui vont se sentir rétifs et réticents sinon frontalement hostiles à l’idée qu’on puisse rechercher et analyser des questions juridiques et politiques dans l’œuvre de Mme Aya Danioko dite Aya Nakamura, chanteuse – désormais internationale[1] et populaire – qui n’est effectivement ni juriste ni auteure de doctrine juridique reconnue comme telle.

Les auteurs de l’ouvrage
M. le pr. M. Touzeil-Divina & M. R. Costa

L’objet du droit, c’est l’activité humaine. Si l’on retient comme nous l’a appris le doyen Foucart[2] que « l’objet principal du droit est l’homme », alors il faut nécessairement que le juriste non seulement acte que toute activité humaine (y compris fictionnelle) est potentiellement un objet d’étude et d’application juridiques mais encore qu’il appartient au juriste, s’il veut rester connecté à la société dans laquelle il se trouve, de se préoccuper de tous les faits sociaux qui l’entourent. « Le juriste[3] (à nos yeux) est accompli lorsqu’il sait rester curieux et être attentif à celles et à ceux qui l’entourent. Le juriste n’est plus (ou ne devrait plus être) ce notable sciemment éloigné de la table du repas social. Il est (et doit être) ce commensal impliqué et soucieux des manifestations sociales ». Or, sur ce point, les faits sont indiscutables : Aya Nakamura est – depuis 2017 (avec la sortie de son premier album Journal intime) et singulièrement depuis que son deuxième opus éponyme (Nakamura) a été promu « disque de platine » en 2018 – un véritable phénomène de société[4]. Par ailleurs, la chanteuse est entrée en 2019 au classement des 500 artistes les plus écoutés de la planète ainsi qu’à celui des 50 personnalités françaises les plus influentes du monde, détrônant jusqu’à Edith Piaf de l’artiste française la plus écoutée dans certains pays étrangers.

Le juriste qui l’ignorerait ne vivrait ainsi pas dans son époque.

Droit & idées politiques dans des fictions modernes. Il est évident que toute fiction ne parle pas de droit. Certains supports fictionnels (ce qui est le cas des chansons) y sont en revanche plus propices et ce, précisément lorsqu’ils évoquent des phénomènes et des actions ou activités sociales.

En étant ainsi un reflet, un témoin, une citoyenne – parfois même engagée – dans ses textes, Aya Nakamura parle d’objets juridiques. Elle donne à jouer avec des images juridiques et judiciaires dès le titre de certaines pistes : La dot, Gangster, Gang (feat. Niska) ou encore Soldat. Puis dans les textes : « Ouais je sens t’as le seum, j’ai l’avocat » in Pookie, « A la Bonnie and Clyde, t’es validé […] Suis-moi, tu verras, ça d’viendra illégal » in La dot.

Droit(s) & Littérature(s). Dans un premier temps, plusieurs universitaires du mouvement Law & Literature[5]ont d’abord considéré les liens entre droit(s) et fiction(s) à travers les romans et le théâtre principalement. Depuis plusieurs années, ce sont les films de cinéma et les séries télévisées qui ont intégré ces études juridiques de fictions ce dont témoigne aisément tant pour les romans que pour les séries télévisées le présent ouvrage. La littérature classique comme la pop-culture sont donc bien au cœur de ces recherches tant juridiques que littéraires. Les chansons[6], en décrivant des réalités ou parfois des fictions courtes qui sont – en tout état de cause – des reflets de l’activité humaine rentrent donc également potentiellement dans cette analyse initiée par le mouvement Droit & Littérature.

On notera, et il est important de le souligner ici explicitement, qu’il existe encore dans l’Université française des collègues (qui ne se procureront pas d’eux-mêmes cet ouvrage jugé par eux sûrement insignifiant) qui considèrent encore non seulement qu’ils ont le monopole de ce qui mérite(rait) d’être étudié avec sérieux mais encore qui dénigrent celles et ceux – dont nous sommes – qui s’occupent de droit(s) dans des fiction(s) et ce, pour y mener des études juridiques (par eux niées). Il s’agirait, ont même dit certain.e, d’une utilisation détournée voire frauduleuse de l’argent public. Bien sûr que le présent article est – aussi – un divertissement. Bien sûr qu’il va parfois proposer des interprétations capillotractées dans le seul but d’intéresser un public estudiantin qui, de lui-même, n’aurait pas acquis un ouvrage juridique mais, précisément, tel est bien l’un des objectifs assumés par ses porteurs et notamment par le Collectif L’Unité du Droit organisateur : ne plus considérer les études de Droit comme nécessairement désagréables, techniques, surannées, déconnectées de la réalité et élitistes mais au contraire des études actionnées par des acteurs et des actrices de ce siècle à l’écoute de la société et de ses préoccupations et faisant venir à elles et à eux des étudiants qui auraient sinon été rebutés. Partant, les propositions ici faites ne sont pas que des élucubrations vides de sens.

Discours du Droit & sur le(s) droit(s). Interprétations réalistes. La présente contribution va donc rechercher dans les textes des chansons d’Aya Nakamura s’il existe – et c’est évidemment le parti pris annoncé – une ou plusieurs dimensions juridiques. Partant, on oscillera – sciemment et volontairement – entre de véritables positions juridiques que nous estimons percevoir chez l’artiste et ce, par exemple dans certains engagements en faveur des droit(s) des femmes mais aussi – ce dont on ne se privera pas – en dénichant parfois du droit là où la chanteuse n’en avait certainement pas volontairement mis ou perçu.

Cela dit, n’est-ce pas là – précisément – la force du pouvoir de l’interprétation juridique que de faire dire – parfois – à un texte ce que son auteur n’a pas nécessairement cru ou voulu ? Lorsqu’en 1962 le Général de Gaulle sachant parfaitement que l’article 89 de la Constitution rend impossible une révision de la norme fondamentale en proposant directement au peuple de procéder à un changement par voie référendaire, il interprète le Droit de façon singulièrement extensive, personnelle et largo sensu. Il est évident que les rédacteurs de 1958 ne voulaient pas que se réalise ce qui s’est pourtant accompli en 1962 mais l’interprétation juridique l’a matérialisé car – en droit comme en arts[8] – : « Fuori dell’interpretazione, non c’è norma » (hors de l’interprétation, il n’y a pas de norme) ! C’est donc en « interprètes réalistes » que nous allons vous proposer des lectures juridiques de l’œuvre d’Aya Nakamura essentiellement à partir de son album Nakamura (version jaune initiale et édition Deluxe de l’automne 2019) et ce, autour de trois temps que réunit l’Unité du Droit : en droit administratif (I), en droit privé de façon plus générale (II) ainsi que dans quelques matières dites de spécialité(s) juridique(s) (III). Partant, vous allez découvrir une Nakamura juriste et même spécialiste.

Voici la table des matières de l’ouvrage :

Introduction                                                                          

I. Aya & le droit administratif                       

     A. Oh ! Gaja !                                                                      

     B. Une nouvelle sélection administrative :
          la Sagaa                                                                           

     C. Nakamura, spécialiste du contentieux
          des contrats publics                                                 

II. Aya & le droit privé                                     

     A. Nakamura & le droit des personnes
          et de la famille                                                            

     B. Nakamura & le droit au respect
          de la vie privée                                                            

     C. Nakamura & le droit des sociétés                     

III. Aya & l’Unité du droit                                

     A. Nakamura & le droit aéronautique                  

     B. Nakamura & la propriété intellectuelle         

     C. Nakamura & la théorie du Droit                         

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Remise des Mélanges en l’honneur du professeur Jean-Louis Mestre

C’est avec beaucoup d’émotion que ce lundi 02 mars 2020 à l’Université d’Aix-Marseille (Faculté de Droit – salle des actes) les amis, les disciples et les collègues du professeur Jean-Louis Mestre lui ont présenté et remis les deux volumes de l’ouvrage Des racines du Droit & des contentieux ;
Mélanges en l’honneur du professeur Jean-Louis Mestre
.

Le doyen de la Faculté de Droit, Jean-Philippe Agresti, a prononcé un discours auquel le récipiendaire des Mélanges a répondu avec l’humilité et la générosité que chacun lui connaît.

Les Editions l’Epitoge du Collectif L’Unité du Droit ont été très heureuses de participer à cet important moment de la vie académique française ; moment qui faisait partie des 15 manifestations de nos 15 ans.

Vous trouverez ci-dessous une présentation desdits Mélanges.

Ces Mélanges forment les huitième & neuvième
numéros issus de la collection « Académique ».

En voici les détails techniques ainsi qu’une présentation :

Volumes VIII & IX :
Des racines du Droit

& des contentieux.
Mélanges en l’honneur du professeur Jean-Louis Mestre

Ouvrage collectif

– Nombre de pages : 442 & 516

– Sortie : mars 2020

– Prix : 129 € les deux volumes.

ISBN / EAN unique : 979-10-92684-28-5 / 9791092684285

ISSN : 2262-8630

Mots-Clefs :

Mélanges – Jean-Louis Mestre – Histoire du Droit – Histoire du contentieux – Histoire du droit administratif – Histoire du droit constitutionnel et des idées politiques – Histoire de l’enseignement du Droit et des doctrines

Présentation :

Cet ouvrage rend hommage, sous la forme universitaire des Mélanges, au Professeur Jean-Louis Mestre. Interrogeant les « racines » du Droit et des contentieux, il réunit (en quatre parties et deux volumes) les contributions (pour le Tome I) de :

Pr. Paolo Alvazzi del Fratte, Pr. Grégoire Bigot, M. Guillaume Boudou,
M. Julien Broch, Pr. Louis de Carbonnières, Pr. Francis Delpérée,
Pr. Michel Ganzin, Pr. Richard Ghevontian, Pr. Eric Gojosso,
Pr. Nader Hakim, Pr. Jean-Louis Halpérin, Pr. Jacky Hummel,
Pr. Olivier Jouanjan, Pr. Jacques Krynen, Pr. Alain Laquièze,
Pr. Catherine Lecomte, M. Alexis Le Quinio, M. Hervé Le Roy,
Pr. Martial Mathieu, Pr. Didier Maus, Pr. Ferdinand Melin-Soucramanien, Pr. Philippe Nélidoff, Pr. Marc Ortolani, Pr. Bernard Pacteau,
Pr. Xavier Philippe, Pr. François Quastana, Pr. Laurent Reverso,
Pr. Hugues Richard, Pr. André Roux, Pr. Thierry Santolini, M. Rémy Scialom, M. Ahmed Slimani, M. Olivier Tholozan,
Pr. Mathieu Touzeil-Divina & Pr. Michel Verpeaux,

… et pour le Tome II :

M. Stéphane Baudens, M. Fabrice Bin, Juge Jean-Claude Bonichot,
Pr. Marc Bouvet, Pr. Marie-Bernadette Bruguière, Pr. Christian Bruschi,
Prs. André & Danielle Cabanis, Pr. Chistian Chêne, Pr. Jean-Jacques Clère, Mme Anne-Sophie Condette-Marcant, Pr. Delphine Costa,
Mme Christiane Derobert-Ratel, Pr. Bernard Durand, M. Sébastien Evrard, Pr. Eric Gasparini, Père Jean-Louis Gazzaniga, Pr. Simon Gilbert,
Pr. Cédric Glineur, Pr. Xavier Godin, Pr. Pascale Gonod,
Pr. Gilles-J. Guglielmi, Pr. Jean-Louis Harouel, Pdt Daniel Labetoulle,
Pr. Olivier Le Bot, Pr. Antoine Leca, Pr. Fabrice Melleray,
Mme Christine Peny, Pr. Laurent Pfister, Pr. Benoît Plessix,
Pr. Jean-Marie Pontier, Pr. Thierry S. Renoux, Pr. Jean-Claude Ricci,
Pr. Albert Rigaudière, Pr. Ettore Rotelli, Mme Solange Ségala,
Pdt Bernard Stirn, Pr. Michael Stolleis, Pr. Arnaud Vergne,
Pr. Olivier Vernier & Pr. Katia Weidenfeld.

Mélanges placés sous le parrainage du Comité d’honneur des :

Pdt Hélène Aldebert, Pr. Marie-Bernadette Bruguière, Pr. Sabino Cassese, Pr. Francis Delpérée, Pr. Pierre Delvolvé, Pr. Bernard Durand,
Pr. Paolo Grossi, Pr. Anne Lefebvre-Teillard, Pr. Luca Mannori,
Pdt Jean Massot, Pr. Jacques Mestre, Pr. Marcel Morabito,
Recteur Maurice Quenet, Pr. Albert Rigaudière, Pr. Ettore Rotelli,
Pr. André Roux, Pr. Michael Stolleis & Pr. Michel Troper.

Mélanges réunis par le Comité d’organisation constitué de :

Pr. Jean-Philippe Agresti, Pr. Florent Blanco, M. Alexis Le Quinio,
Pr. François Quastana, Pr. Laurent Reverso, Mme Solange Ségala,
Pr. Mathieu Touzeil-Divina & Pr. Katia Weidenfeld.

Ouvrage publié par et avec le soutien du Collectif L’Unité du Droit
avec l’aide des Facultés de Droit
des Universités de Toulouse et d’Aix-Marseille
ainsi que l’appui généreux du
Centre d’Etudes et de Recherches d’Histoire
des Idées et des Institutions Politiques (Cerhiip)
& de l’Institut Louis Favoreu ; Groupe d’études et de recherches sur la justice constitutionnelle (Gerjc) de l’Université d’Aix-Marseille.

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DivinAkamuraCosta ?

Deux auteurs du Collectif L’Unité du Droit ont symboliquement décidé, en ce 14 février 2020, jour de Saint-Valentin, de déclarer respectueusement leur flamme juridique à la chanteuse Aya Nakamura en rédigeant – en son hommage – un ouvrage (extrait d’un opus collectif sur les lectures juridiques de fictions et également publié aux Editions l’Epitoge du Collectif L’Unité du Droit).

Sérieusement ?
Du Droit chez Aya Nakamura ?
« Y’a pas moyen » vous dites-vous !

Et vous avez peut-être raison !

Le présent ouvrage, tiré à part collector des Editions L’Epitoge, publié dans le cadre des festivités dédiées aux 16 années du Collectif L’Unité du Droit, témoigne des habitudes de travail et de recherche(s) ainsi que de l’objet social même dudit Collectif : il est rédigé sur une forme parfois légère et enjouée tout en reposant, au fond, sur une analyse juridique rigoureuse et détaillée. Il se veut ainsi accessible sans renier sa vocation académique. Il a par ailleurs été conçu en binôme étroit et égalitaire par un professeur d’Université et par un doctorant.

L’opus est construit en trois parties qui interrogent respectivement (après avoir posé les enjeux de l’étude et son prétexte pédagogique au cœur du mouvement Droit & Littérature) : le droit administratif (I), le droit privé (II) et l’Unité du Droit (III) au cœur des chansons et des prises de position(s) de l’artiste Aya Nakamura ici décodée par deux juristes comme si – elle aussi – appartenait à la communauté juridique. Après cette lecture, « Y’a pas moyen Gaja ? », « J’veux du Sarl » et tant d’autres titres (vous faisant découvrir la chanteuse à travers les droits de la propriété intellectuelle, de l’espace ou encore des marchés publics) n’auront plus de secret pour vous ! Il paraîtrait même que la chanteuse serait hégélienne : « j’crois qu’c’est le concept » !

Prétexte(s) pédagogique(s). En adoptant le prisme de l’Unité du droit, en abordant la question du droit des femmes et celui des minorités qu’incarnent la chanteuse, en confrontant ses œuvres à des questions concrètes et contemporaines de droit (comme certaines des restrictions opérées en contentieux administratif et ici dénoncées), en faisant découvrir au lecteur des branches méconnues mais pourtant passionnantes (comme le droit de l’espace extra-atmosphérique), l’article fera réviser, réfléchir et apprendre. N’est-ce déjà pas si mal[7] ? Les auteurs de l’article et du présent ouvrage soutiennent en effet que l’étude du droit dans et par ou au moyen de la fiction classique comme contemporaine est un prétexte pédagogique permettant l’étude des disciplines académiques et des concepts et des notions juridiques en dehors de toute application positive. En d’autres termes, il s’agit d’une recherche juridique qui n’a d’autre fin qu’elle-même : le plaisir intellectuel de faire du droit. Par ailleurs, les auteurs ne moquent en aucun cas l’artiste, ses textes et ceux qui les écoutent. Ils ont conscience qu’ils jouent de fiction(s) eux-mêmes pour traiter de questions juridiques. Ils assument totalement le fait que le présent article n’est qu’une succession de prétextes pédagogiques à l’étude du / des droit(s) dans un cadre fictionnel et ce, au prisme de l’Unité du droit. Ils savent pertinemment qu’Aya Nakamura est une chanteuse mais ont décidé de l’envisager de manière fictive en juriste en analysant ses textes comme une doctrine juridique ou nakamurienne (sic) qui permettra d’interroger plusieurs pans du droit positif.

l’ouvrage a été publié avec le soutien
et en partenariat étroit avec le partenaire du Collectif L’Unité du Droit :
Curiosités Juridiques

Obsédés textuels. On dit parfois des juristes qu’ils sont des « obsédés textuels » et qu’ils réussissent à trouver sinon à voir du Droit partout y compris là où il n’y en aurait peut-être pas, de la même manière qu’un artiste verrait de l’art potentiel en tout chose. Il y a cependant aussi, à la seule lecture de l’intitulé de cette contribution, des juristes qui vont se sentir rétifs et réticents sinon frontalement hostiles à l’idée qu’on puisse rechercher et analyser des questions juridiques et politiques dans l’œuvre de Mme Aya Danioko dite Aya Nakamura, chanteuse – désormais internationale[1] et populaire – qui n’est effectivement ni juriste ni auteure de doctrine juridique reconnue comme telle.

Les auteurs de l’ouvrage
M. le pr. M. Touzeil-Divina & M. R. Costa

L’objet du droit, c’est l’activité humaine. Si l’on retient comme nous l’a appris le doyen Foucart[2] que « l’objet principal du droit est l’homme », alors il faut nécessairement que le juriste non seulement acte que toute activité humaine (y compris fictionnelle) est potentiellement un objet d’étude et d’application juridiques mais encore qu’il appartient au juriste, s’il veut rester connecté à la société dans laquelle il se trouve, de se préoccuper de tous les faits sociaux qui l’entourent. « Le juriste[3] (à nos yeux) est accompli lorsqu’il sait rester curieux et être attentif à celles et à ceux qui l’entourent. Le juriste n’est plus (ou ne devrait plus être) ce notable sciemment éloigné de la table du repas social. Il est (et doit être) ce commensal impliqué et soucieux des manifestations sociales ». Or, sur ce point, les faits sont indiscutables : Aya Nakamura est – depuis 2017 (avec la sortie de son premier album Journal intime) et singulièrement depuis que son deuxième opus éponyme (Nakamura) a été promu « disque de platine » en 2018 – un véritable phénomène de société[4]. Par ailleurs, la chanteuse est entrée en 2019 au classement des 500 artistes les plus écoutés de la planète ainsi qu’à celui des 50 personnalités françaises les plus influentes du monde, détrônant jusqu’à Edith Piaf de l’artiste française la plus écoutée dans certains pays étrangers.

Le juriste qui l’ignorerait ne vivrait ainsi pas dans son époque.

Droit & idées politiques dans des fictions modernes. Il est évident que toute fiction ne parle pas de droit. Certains supports fictionnels (ce qui est le cas des chansons) y sont en revanche plus propices et ce, précisément lorsqu’ils évoquent des phénomènes et des actions ou activités sociales.

En étant ainsi un reflet, un témoin, une citoyenne – parfois même engagée – dans ses textes, Aya Nakamura parle d’objets juridiques. Elle donne à jouer avec des images juridiques et judiciaires dès le titre de certaines pistes : La dot, Gangster, Gang (feat. Niska) ou encore Soldat. Puis dans les textes : « Ouais je sens t’as le seum, j’ai l’avocat » in Pookie, « A la Bonnie and Clyde, t’es validé […] Suis-moi, tu verras, ça d’viendra illégal » in La dot.

Droit(s) & Littérature(s). Dans un premier temps, plusieurs universitaires du mouvement Law & Literature[5]ont d’abord considéré les liens entre droit(s) et fiction(s) à travers les romans et le théâtre principalement. Depuis plusieurs années, ce sont les films de cinéma et les séries télévisées qui ont intégré ces études juridiques de fictions ce dont témoigne aisément tant pour les romans que pour les séries télévisées le présent ouvrage. La littérature classique comme la pop-culture sont donc bien au cœur de ces recherches tant juridiques que littéraires. Les chansons[6], en décrivant des réalités ou parfois des fictions courtes qui sont – en tout état de cause – des reflets de l’activité humaine rentrent donc également potentiellement dans cette analyse initiée par le mouvement Droit & Littérature.

On notera, et il est important de le souligner ici explicitement, qu’il existe encore dans l’Université française des collègues (qui ne se procureront pas d’eux-mêmes cet ouvrage jugé par eux sûrement insignifiant) qui considèrent encore non seulement qu’ils ont le monopole de ce qui mérite(rait) d’être étudié avec sérieux mais encore qui dénigrent celles et ceux – dont nous sommes – qui s’occupent de droit(s) dans des fiction(s) et ce, pour y mener des études juridiques (par eux niées). Il s’agirait, ont même dit certain.e, d’une utilisation détournée voire frauduleuse de l’argent public. Bien sûr que le présent article est – aussi – un divertissement. Bien sûr qu’il va parfois proposer des interprétations capillotractées dans le seul but d’intéresser un public estudiantin qui, de lui-même, n’aurait pas acquis un ouvrage juridique mais, précisément, tel est bien l’un des objectifs assumés par ses porteurs et notamment par le Collectif L’Unité du Droit organisateur : ne plus considérer les études de Droit comme nécessairement désagréables, techniques, surannées, déconnectées de la réalité et élitistes mais au contraire des études actionnées par des acteurs et des actrices de ce siècle à l’écoute de la société et de ses préoccupations et faisant venir à elles et à eux des étudiants qui auraient sinon été rebutés. Partant, les propositions ici faites ne sont pas que des élucubrations vides de sens.

Discours du Droit & sur le(s) droit(s). Interprétations réalistes. La présente contribution va donc rechercher dans les textes des chansons d’Aya Nakamura s’il existe – et c’est évidemment le parti pris annoncé – une ou plusieurs dimensions juridiques. Partant, on oscillera – sciemment et volontairement – entre de véritables positions juridiques que nous estimons percevoir chez l’artiste et ce, par exemple dans certains engagements en faveur des droit(s) des femmes mais aussi – ce dont on ne se privera pas – en dénichant parfois du droit là où la chanteuse n’en avait certainement pas volontairement mis ou perçu.

Cela dit, n’est-ce pas là – précisément – la force du pouvoir de l’interprétation juridique que de faire dire – parfois – à un texte ce que son auteur n’a pas nécessairement cru ou voulu ? Lorsqu’en 1962 le Général de Gaulle sachant parfaitement que l’article 89 de la Constitution rend impossible une révision de la norme fondamentale en proposant directement au peuple de procéder à un changement par voie référendaire, il interprète le Droit de façon singulièrement extensive, personnelle et largo sensu. Il est évident que les rédacteurs de 1958 ne voulaient pas que se réalise ce qui s’est pourtant accompli en 1962 mais l’interprétation juridique l’a matérialisé car – en droit comme en arts[8] – : « Fuori dell’interpretazione, non c’è norma » (hors de l’interprétation, il n’y a pas de norme) ! C’est donc en « interprètes réalistes » que nous allons vous proposer des lectures juridiques de l’œuvre d’Aya Nakamura essentiellement à partir de son album Nakamura (version jaune initiale et édition Deluxe de l’automne 2019) et ce, autour de trois temps que réunit l’Unité du Droit : en droit administratif (I), en droit privé de façon plus générale (II) ainsi que dans quelques matières dites de spécialité(s) juridique(s) (III). Partant, vous allez découvrir une Nakamura juriste et même spécialiste.

Voici la table des matières de l’ouvrage :

Introduction                                                                          

I. Aya & le droit administratif                       

     A. Oh ! Gaja !                                                                      

     B. Une nouvelle sélection administrative :
          la Sagaa                                                                           

     C. Nakamura, spécialiste du contentieux
          des contrats publics                                                 

II. Aya & le droit privé                                     

     A. Nakamura & le droit des personnes
          et de la famille                                                            

     B. Nakamura & le droit au respect
          de la vie privée                                                            

     C. Nakamura & le droit des sociétés                     

III. Aya & l’Unité du droit                                

     A. Nakamura & le droit aéronautique                  

     B. Nakamura & la propriété intellectuelle         

     C. Nakamura & la théorie du Droit                         

& Voila notre grand jeu de la Saint-Valentin :

Pour gagner un exemplaire COLLECTOR numéroté et dédicacé par les deux auteurs de l’ouvrage (n° 90 / 99), il vous suffit de retweeter le post émis ce 14 février 2020 par Curiosités juridiques ….

Le ou la gagnant.e sera choisi.e. au hasard ….


[1] On apprend même que l’artiste sera en vedette du mythique festival de Coachella en 2020.

[2] Foucart Emile-Victor Masséna, Eléments de droit public et administratif ; Paris, Videcoq ; 1834 ; Tome I.

[3] On reprend ici l’opinion qu’à défendue l’un des coauteurs de l’article in « Droit(s) & Série(s) télévisée(s) : mariage de, avec ou sans raison ? » in Jcp – édition générale ; n°8 ; 25 février 2019 (« libres propos »).

[4] Le présent article intègre a minima l’ensemble des titres de l’album Nakamura (2018 et édition Deluxe de 2019 avec ses cinq titres supplémentaires dont un remix).

[5] Parmi lesquels, l’un des moteurs de ce mouvement dont la collection « Unité du Droit » des Editions L’Epitoge a accueilli le très bel ouvrage suivant : Weisberg Richard, La parole défaillante ; Toulouse, L’Epitoge ; 2019.

[6] Ainsi que le Collectif L’Unité du Droit l’avait déjà abordé avec : Touzeil-Divina Mathieu & Hoepffner Hélène (dir.), Chansons & costumes « à la mode » juridique et française ; Le Mans, L’Epitoge ; 2015.

[7] On présentera ici ses excuses auprès du lecteur pour qui ces questions sont une évidence mais la récente altercation publique provoquée par une collègue procédurière qualifiant d’adolescents irresponsables et de juristes utilisant à tort les deniers publics au regard de sa vision nécessairement objective de l’Université a de quoi faire frémir.

[8] Ascarelli Tullio, « Giurisprudenza costituzionale e teoria dell’interpretazione » in Rivista di diritto processuale ; Anno XIII (1957), n°1-3, p. 10.

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Appel

Précarisation des facultés de droit et de science politique : état d’urgence social et risque pour le service public.

Mobilisation des enseignantes et enseignants chercheurs

La liste des 1128 signataires
au 31.01.2020 se trouve ici :
unitedudroit.org/mobilisation.pdf

et il est toujours possible
de signer l’Appel
par ce lien

Alors que l’Université agonise, les facultés de droit et de science politique sont particulièrement asphyxiées du fait de l’accroissement continu du nombre d’étudiants à moyens constants, de leur sous-encadrement chronique et nous, enseignantes-chercheures et enseignants-chercheurs, doctorantes et doctorants, ne pouvons demeurer plus longtemps passifs face à la détérioration de nos conditions de travail et de l’absence de perspectives offertes aux plus jeunes d’entre nous dont la situation ne cesse de se précariser.

Tous, nous dressons ce même constat de précarisation, de contractualisation à outrance de l’emploi (amplifiées par la loi du 6 août 2019) et de remise en cause des cadres et garanties statutaires, pourtant indispensables pour assurer l’indépendance des universitaires à l’égard de tous les pouvoirs, politiques ou économiques.

Ces revendications sont portées par des universitaires qui veulent préserver, envers et contre tout, le service public de l’enseignement supérieur qui, avec tant d’autres, est sacrifié. Elles nous semblent primordiales, car elles conditionnent la qualité de l’enseignement du droit et de la science politique, le bien-être des étudiants et des doctorants, la qualité de leurs conditions de travail, leur réussite professionnelle, leur encadrement et le suivi de leur parcours.

Il n’est plus tolérable que les restrictions budgétaires, le gel des postes, le sous-encadrement des étudiants qui est particulièrement marqué et structurel dans les facultés de droit et de science politique, les conditions de plus en plus précaires d’étude, d’enseignement et de recherche … nous conduisent à abandonner petit à petit le cœur des missions qui sont les nôtres et que nous tâchons tant bien que mal d’accomplir dans des conditions de plus en plus difficiles.

Nous ne sommes pas coutumiers des grèves, mais face à la gravité de la situation, nous devons réagir pour protéger la qualité et la pérennité du service public de l’enseignement et de la recherche en Droit et en Science politique.

Il faut désormais rejeter fermement les injonctions qui nous sont faites d’adapter continuellement notre activité aux exigences managériales, ce qui conduit à une réduction des heures de formation, à la fermeture de diplômes, à une mutualisation à marche forcée des enseignements qui leur fait perdre tout sens et tout attrait, à un accroissement contre-productif des charges administratives au détriment des missions d’enseignement et de recherche alors que, parallèlement, un manque cruel de personnels administratifs se fait ressentir.

Il est urgent d’ouvrir des postes d’enseignants-chercheurs titulaires dont le gel actuel conduit à scléroser le recrutement, à favoriser le localisme, à amputer l’avenir des jeunes chercheurs et chercheuses et d’assurer des conditions dignes de travail et d’étude alors même que le nombre des missions confiées aux universités et universitaires ne cesse de croître.

Il est impératif que les voies de recrutement de maîtres de conférences et de professeurs d’université soient réformées pour en assurer, dans un cadre national, respectueux du principe d’égal accès aux emplois publics, la survie et la pérennité tout en garantissant leur adaptation aux besoins des universités et des évolutions de l’enseignement juridique.

Les alertes étant superbement ignorées, les signataires du présent appel s’engagent à entrer en contestation et, dans l’attente d’un mouvement d’ampleur à venir, invitent ceux qui le souhaitent à se joindre aux manifestations du 5 décembre.

La liste des 1108 signataires
au 13.12.2019 se trouve ici :
unitedudroit.org/mobilisation.pdf

et il est toujours possible
de le signer par ce lien

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Itinérances d’exposition(s) du XV juridique

Dans le cadre des 15 festivités des 15 ans du Collectif L’Unité du Droit, l’association a proposé l’itinérance d’une exposition intitulée le XV juridique et présentée en ligne ICI.

De grands mercis aux membres du Collectif
(Mélanie JAOUL & Raphaël MAUREL)
pour leur investissement dans ces belles entreprises
qui rencontrent un beau succès itinérant !

Voici deux reportages photographiques
présentant les expositions de Clermont :

Merci à Mme Karine Vazeille & à MM. Florent Tagnères & Mathieu Touzeil-Divina pour ces photographies.

Et de Montpellier :

Merci à Mme Mélanie Jaoul & à M. Mathieu Touzeil-Divina pour ces photographies.

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La Seleção J (octobre 2019)

En partenariat avec le site Curiosités Juridiques, le Collectif l’Unité du Droit inaugure une chronique intitulée la « Selaçao J. ».

Périodiquement, sous la direction – et la sélection – de MM. Raphaël Costa & Mathieu Touzeil-Divina, nous proposerons des décisions, des ouvrages ou encore des actualités ayant retenu notre attention dans les couloirs et les mentions de l’Unité du Droit.

Pour commencer cette Seleçao, nous vous proposons pour octobre 2019, la décision du Tribunal correctionnel de Lyon en date du 16 septembre 2019 et portant sur la légalité de l’action des « décrocheurs » du portrait du Président Macron de l’une des mairies de Lyon.

Le 21 février 2019, en effet, plusieurs membres d’une association de défense du climat avaient investi des locaux municipaux et s’étaient rendus dans la salle des mariages du 2ème arrondissement lyonnais pour y décrocher (et y « voler ») l’officiel portrait afin de témoigner de leur mécontentement quant à leur interpellation du Président de la République et – selon les décrocheurs – quant au manque de réaction positive de ce dernier.

La décision – qui n’a pas manqué de défrayer les réseaux sociaux juridiques – a questionné de nombreux juristes car elle sollicite étonnamment la notion d’état de nécessité pour éviter de reconnaître l’infraction initialement retenue par le ministère public de « vol en réunion ».

En effet, les deux décrocheurs étaient prévenus « d’avoir le 21 février 2019 à LYON 2ème (Rhône), en tout cas sur le territoire national et depuis temps n’emportant pas prescription, frauduleusement soustrait le portrait du président de la République au préjudice de la mairie du LYON 2ème, avec cette circonstance que les faits ont été commis en réunion, faits prévus par ART.311-4 1°, ART.311-1 C.PENAL. et réprimés par ART.311-4 AL.1, ART.311-14 1°,2°,3°,4°,6° C.PENAL ».

L’Unité du Droit est ici manifeste : entre droit pénal (ici étonnamment appliqué selon ses spécialistes), revendications des droits de l’environnement et étonnante matérialisation des droits constitutionnels des citoyens à l’expression démocratique, la décision matérialise bien l’Unité juridique et nous intéresse donc au plus haut point laissant à chaque lecteur le soin de ses commentaires.

La rédaction, quant à elle, suggère comme lecture la très belle contribution de : BEAUSSONIE Guillaume, « Décrochage du portrait du président de la République. Le vol appréhendé par le juge comme substitut légitime d’un dialogue impraticable » in La Semaine Juridique. Edition Générale (JCP G) (n° 42); p. 1836 et s.

dont voici le résumé :

« À lire le jugement déjà célèbre rendu par le Tribunal correctionnel de Lyon le 16 septembre 2019, on peine à deviner le dispositif et la cause à travers les motifs : du défaut de respect par l’État des objectifs auxquels il s’est engagé en matière de lutte contre le dérèglement climatique, il faudrait en effet déduire la relaxe de deux prévenus poursuivis pour vol, dans une mairie, d’un portrait du président de la République ! Selon ledit Tribunal, un lien existerait, pourtant, qui résiderait dans le caractère symbolique de ce portrait, les prévenus l’ayant appréhendé pour atteindre celui qu’il représente et, plus précisément, comme « substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple » ; les deux protagonistes auraient ainsi agi « dans un but voué exclusivement à la défense [d’une] cause particulière servant l’intérêt général », « le décrochage et l’enlèvement sans autorisation de ce portrait » n’ayant alors pu « se résumer à une simple atteinte à l’objet matériel », autrement dit à un vol. Au surplus, la conservation du portrait aurait obéi « à un motif légitime dès lors que [son usage] semble[rait] s’être limité à son exhibition au service de la même cause à l’occasion de manifestations publiques, évitant ainsi la multiplication des intrusions dans les locaux municipaux aux fins d’y réitérer les mêmes agissements ». »

Extraits de la décision :

Tribunal de Grande Instance de LYON
Jugement du : 16 FÉVRIER 2019
7ème chambre correctionnelle

JUGEMENT
CORRECTIONNEL

(…)
SUR L’ACTION PUBLIQUE

(…) Attendu que le jeudi 21 février 2019, période de congés scolaires, vers 10 heures, les locaux de la mairie de LYON 2ème arrondissement étaient investis par un groupe de 10 ou 20 personnes sous l’oeil de caméras de télévisions appelées pour l’occasion ; qu’une petite fraction se présentait à l’accueil en se déclarant défenseurs du climat dans le cadre de l’association «Association Non Violente COP 21», tandis que la majeure partie du groupe se rendait dans la salle de mariage, dont la porte était fermée mais non verrouillée, où elle décrochait du mur la photographie du président de la République de 50 cm x 70 cm conservée dans un cadre de verre ; que la police nationale, informée par le personnel municipal au plus tard à 10 heures 10, se rendait aussitôt sur les lieux, mais que le groupe d’intrus avait déjà quitté la mairie en emportant ledit portrait ; qu’un dépôt de plainte pour vol en réunion était alors recueilli de la directrice générale des services de la mairie de LYON 2ème ;

Attendu que les investigations policières menées sur les réseaux sociaux ont permis d’identifier un compte «TWITTER» au nom de «Alternatiba ANV Rhône» où apparaissait une femme brandissant, dans et devant la mairie de LYON 2ème, le portrait dérobé, scène légendée par un bordereau d’information au nom «Fanny D., Collectif Action Non Violente — COP 21» ; que l’interrogation des opérateurs téléphoniques a abouti à la localisation d’une personne du même nom, connue des services de police et demeurant à VAUGNERAY ; qu’un compte «FACEBOOK» au nom de «Fanny Dlhle» semblant correspondre à la même personne comportait pour ami un certain Pierre G., connu des services de police, demeurant à LYON 9ème arrondissement, dont la photographie a permis un rapprochement avec celle de l’un des participants au vol relevée sur les mêmes sites ;


Attendu que, le 22 février, Pierre G. a répondu à la convocation de la police mais non aux questions des enquêteurs, reconnaissant simplement appartenir, comme étant chargé de la coordination d’événements et de la logistique, au «Collectif Alternatiba Rhône» qui s’efforce de mettre en avant les moyens de lutte contre le changement climatique, mais non au «Collectif ANV — COP 21» qui serait pourvu du même objectif ; qu’il conservait les clés du bar «Alternatibar» situé à LYON 1 er arrondissement, volontiers remises à la police ; qu’il y a été découvert une banderole portant l’inscription «climat, justice sociale sortons Macron !» correspondant en tout point à celle photographiée et filmée sur les lieux du vol du portrait, outre divers matériels appartenant au «Collectif Action Non Violente — COP 21» ou à «Alternatiba» ; que l’intéressé a également laissé libre accès à son téléphone, où apparaissait un message en date du 21 le félicitant pour «le coup de ce matin» ;

Attendu que, le 26 février, Fanny D. a adopté la même position que son comparse, ne répondant aux questions des enquêteurs que pour expliquer la relative confidentialité de son lieu de résidence, une maison de bois mobile actuellement stationnée sur le terrain d’un particulier ; que la perquisition qui y a été effectuée a permis de découvrir un manuel de «Lutte Non-Violente» et un papier comportant notamment les annotations de sa main: «crise climatique», «politique Macron pas à la hauteur des enjeux», «sortir Macron», «mairie du 2ème» et «faire voir la réalité du vide» ;

Attendu que les prévenus se sont exprimés à l’audience en se présentant comme les militants ordinaires d’un collectif sans précision, ayant décidé de décrocher symboliquement le portrait du président de la République pour réclamer de l’État non des démissions de personnes mais de l’action concrète en faveur du climat ; qu’ils n’ont pas souhaité apporter leur concours à la restitution de cet objet conservé en un lieu secret, qu’ils auraient brandi lors de diverses manifestations, notamment lors du dernier rassemblement des chefs d’Etat du G7 en vue duquel d’autres portraits avaient été identiquement «décrochés» ; que Fanny D. a réfuté tout plan de diversion auprès de l’accueil de la mairie de sorte à accéder plus facilement à la salle des mariages et que Pierre G. a reconnu avoir personnellement emporté le portrait comme le suggère la vidéo-protection de la voie publique du 21 février, montrant un homme seul s’éloignant de la maire en tenant sous le bras un emballage de la même forme que le portrait ;

Attendu que le témoignage de Cécile D., ancien ministre et militante écologiste, énonce que l’accord de PARIS de 2015 tendant à limiter le dérèglement climatique n’a pas été respecté en FRANCE par manque de volonté politique, que les responsables de plusieurs associations ont déposé devant le Conseil d’État en mars 2019 un recours en carence de l’État et que seul le président de la République serait à même d’ordonner les mesures d’ampleur exigées par l’urgence de la situation ; que Wolfgang C., scientifique en écologie globale, souligne la nécessité d’un changement rapide de civilisation pour maintenir, au-dessous des 2° C prévus par cet accord à compter de sa date, une hausse de température de l’atmosphère dont les effets climatiques étaient déjà perceptibles dans le monde entier depuis plusieurs années ;

Attendu que les prévenus s’appuient sur ces témoignages pour expliquer que l’usage des voies légales et les avertissements des scientifiques ne sont pas des bras de levier suffisants et que la sensibilisation de la population en vue d’un changement politique leur semble devoir passer par des actes de «désobéissance civile non-violente» ; que par la bouche de leur avocat, conclusions écrites et documents officiels à l’appui, ils plaident la relaxe au nom d’un état de nécessité légitimant un acte délictueux proportionné à l’éloignement d’un danger grave et imminent, les prévenus n’ayant pas eu d’autre choix à leur portée que d’affronter les autorités par une réaction mesurée ; que le Ministère public a rejeté cet argument, ne voyant pas de lien entre l’acte délictueux commis et la cause légitimement défendue, et requiert la condamnation de chaque prévenu à une peine d’amende de 500 euros ;

Attendu que l’infraction de vol est matérialisée au regard des éléments rassemblés par l’enquête et des aveux recueillis à l’audience ; que les prévenus ont en effet soustrait volontairement un objet d’une valeur fortement symbolique et appartenant à la Commune de LYON en opérant en groupe nombreux et décidé, censé dissuader le personnel présent de toute résistance ; que l’opération a été préparée au terme d’une entente entre participants sur le choix de l’objectif et de la date et sur l’écho à donner au rassemblement grâce au relais des médias ; que l’endurcissement des prévenus s’infère de leur refus de restituer le bien et de leur volonté non dissimulée de s’en servir dans un proche futur pour défendre leur cause ;

Attendu toutefois que le dérèglement climatique est un fait constant qui affecte gravement l’avenir de l’humanité en provoquant des cataclysmes naturels dont les pays les plus pauvres n’auront pas les moyens de se prémunir et en attisant les conflits violents entre les peuples, mais aussi l’avenir de la flore et de la faune en modifiant leurs conditions de vie sans accorder aux espèces le temps adaptation requis pour évoluer ; que si la FRANCE s’est engagée sur le plan international et sur le plan interne, selon essentiellement trois indicateurs, à respecter des objectifs qui sont apparus au gouvernement sans doute insuffisants mais du moins nécessaires à une limitation, dans une mesure supportable pour la vie sur terre, d’un changement climatique inéluctable, mais que les pièces produites par la défense témoignent que ces objectifs ne seront pas atteints ;

Attendu, selon ces pièces, que premièrement le budget carbone d’émissions annuelles de gaz à effet de serre de 442 MtCO2eq pour la période de 2015 à 2018 tel qu’il avait été défini par le décret n°2015/842 était dépassé de 72 MtCO2eq en décembre 2018 selon le projet révisé de Stratégie Nationale «Bas Carbone» ; que deuxièmement, selon rapport du Commissariat général au développement durable d’octobre 2018, la part d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie s’élevait à 16,3 % en 2017 alors que la trajectoire annuelle entre 2005 et 2020 résultant du plan national d’action en faveur des énergies renouvelables remis à la Commission Européenne en 2010 prévoyait un taux 19,5 % de façon à atteindre en 2020 l’objectif de 23 % fixé par la directive Européenne 2009/28 ; que troisièmement EUROSTAT a mesuré une consommation finale d’énergie de 147,1 Mtep en 2017, ce qui est supérieur à la trajectoire de 139,9 Mtep prévue en application de la directive européenne 2012/27 et ne permettra pas l’atteinte de l’objectif 2020 à 131,4 Mtep ;

Attendu que, face au défaut de respect par l’État d’objectifs pouvant être perçus comme minimaux dans un domaine vital, le mode d’expression des citoyens en pays démocratique ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique ; que des messages à l’adresse du gouvernement peuvent ainsi être diffusés au moyen de rassemblements dont les organisateurs et les autorités s’efforcent de limiter le trouble à l’ordre public que pourrait provoquer une affluence soudaine de personnes aux intentions immédiates incertaines ; qu’en l’espèce la réunion de dix ou vingt personnes, même non déclarée préalablement en préfecture, investissant pendant quelques minutes un bâtiment affecté à l’administration des citoyens et ses abords, sans bousculade ni dissimulation sur son mobile ou ses déplacements, revêt un caractère manifestement pacifique de nature à constituer un trouble à l’ordre public très modéré ;

Attendu, s’agissant du portrait que les manifestants ont cru devoir emporter, la Commune de LYON le destinait, à l’endroit de son installation, à la vue du public, comme symbole de l’État en vertu des pouvoirs conférés par la constitution de la Vème République au président de la République ; que de tels pouvoirs, conjugués à une élection au suffrage universel direct, introduisent une relation particulière de cette autorité avec les citoyens admis à exercer un contrôle de la politique nationale sans être en mesure d’interroger individuellement cette autorité, eu égard notamment au nombre représenté par les premiers et à la protection due à la personne du second ; que, dans l’esprit de citoyens profondément investis dans une cause particulière servant l’intérêt général, le décrochage et l’enlèvement sans autorisation de ce portrait dans un but voué exclusivement à la défense de cette cause, qui n’a été précédé ou accompagné d’aucune autre forme d’acte répréhensible, loin de se résumer à une simple atteinte à l’objet matériel, doit être interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple ;

Attendu que la conservation de ce portrait, qui achève de caractériser sa soustraction volontaire, n’était certes pas une suite nécessaire au marquage d’une forme d’appel adressé au président de la République, face au danger grave, actuel et imminent, à prendre des mesures financières et réglementaires adaptées ou à défaut rendre compte de son impuissance ; que cette conservation obéit néanmoins à un motif légitime dès lors que l’usage du portrait semble s’être limité à son exhibition au service de la même cause à l’occasion de manifestations publiques, évitant ainsi la multiplication des intrusions dans des locaux municipaux aux fins d’y réitérer les mêmes agissements ; que l’absence de constitution de partie civile de la Commune de LYON jetant par ailleurs un doute sur sa volonté de récupérer son bien, aucune sanction ne doit être prononcée du fait d’une privation de jouissance d’un objet par ailleurs de valeur de remplacement négligeable, sans valeur de placement financier et inaliénable ;

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, statuant publiquement, en premier ressort et contradictoirement à l’égard de D. Fanny et de G. Pierre,
SUR L’ACTION PUBLIQUE :
RELAXE D. Fanny des fins de la poursuite,
RELAXE G. Pierre des fins de la poursuite,
et le présent jugement ayant été signé par le Président et le Greffier.

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Compte-rendu de la conférence du 24 septembre 2019 : Évolution ou Révolution du Droit des fonctions publiques ?

Art. 264.
A l’heure où vient d’être adoptée la nouvelle Loi de « transformation de la fonction publique » (Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique), le Journal du Droit Administratif est heureux de soutenir l’initiative toulousaine des Centre de Droit des Affaires (CDA) & Institut Maurice Hauriou (IMH) de l’Université Toulouse 1 Capitole avec le soutien du Collectif L’Unité du Droit.

Le Centre de Droit des Affaires et l’Institut Maurice Hauriou proposent en effet, sous la coordination des professeurs Isabelle Desbarats, Pierre Esplugas-Labatut et Mathieu Touzeil-Divina, de septembre 2019 à janvier 2020, un cycle inédit, sous forme de regards croisés entre spécialistes de droit du travail et droit des fonctions publiques, de cinq conférences mensuelles autour du thème : « Les transformations de la fonction publique : tous travailleurs ? ».

Le JDA – sous la plume de M. Mathias Amilhat – vous propose ici le premier compte-rendu de ce cycle de conférences matérialisé, salle Gabriel Marty, le 24 septembre 2019.

Le Professeur Pierre Esplugas-Labatut prend la parole pour présenter cette première conférence. Il rappelle la genèse du projet : tout a commencé par un projet commun avec la Professeure Isabelle Desbarats qui aurait consisté à réaliser un ouvrage sur l’emploi public. Les travaux du CLUD sur le rapprochement du droit de la fonction publique et du droit du travail et le colloque sur le droit du travail organisé à Clermont-Ferrand lorsqu’il y était Professeur ont confirmé cette volonté de réfléchir sur la fonction publique en croisant les regards entre « publicistes » et « travaillistes ».

Finalement c’est la préparation de la loi de transformation de la fonction publique qui a été le déclencheur. Le Professeur Mathieu Touzeil-Divina a proposé un cycle de conférences avec différents regards : des spécialistes de droit privé, de droit public, mais aussi professionnels. Parallèlement à cela, la Professeure Isabelle Desbarats les a saisis de ce sujet. Ils ont alors décidé d’organiser ces conférences, qui auront lieu tous les mois de septembre 2019 à janvier 2020.

La Professeure Isabelle Desbarats prend ensuite la parole pour présenter les conférences. Elle explique qu’il s’agit de s’interroger sur l’impact attendu ou redouté de la loi avec une conférence par mois. Elle en profite pour annoncer les prochaines conférences.

Le Professeur Pierre Esplugas-Labatut en profite pour ajouter, avant le début de la conférence, que les contributions seront publiées sur les sites internet du Journal du droit administratif et du Collectif l’Unité du Droit.

La Conférence débute ensuite

la contribution orale du prof. Esplugas-Labatut
est par ailleurs disponible en cliquant ICI

Le Professeur Pierre Esplugas-Labatut prend la parole le premier. Il estime que l’ouvrage d’Alexis de Tocqueville, « L’Ancien Régime et la Révolution », peut servir de grille de lecture en matière de fonction publique en se demandant s’il y a une véritable transformation ou une simple continuité.

Il explique que le statut général est aujourd’hui très différent de ce qui a été posé dans les années 1980 et que les précédents textes montrent déjà un certain scepticisme à l’égard de la FP.

Le mouvement suit selon lui deux fils directeurs : la travaillisation du droit de la fonction publique et la recherche d’exemplarité. Mais en réalité, seule la travaillisation peut être considérée comme une révolution. De plus, chacun de ces fils directeurs est le prolongement de mouvements anciens. Il y a donc une double continuation.

Il y a donc d’abord une continuation de la révolution de la travaillisation de la fonction publique. Il rappelle la définition de la travaillisation et explique qu’aujourd’hui un pallier supplémentaire est franchi parce que c’est une loi générale qui reprend sur une multiplicité de points le droit du travail, même si malgré tout certaines spécificités sont maintenues.

Il poursuit en expliquant ensuite qu’il y a une continuation de l’évolution pour davantage d’exemplarité de la fonction publique. La loi confirme que le fonctionnaire est un « citoyen spécial » (Hauriou), notamment en sophistiquant la loi de 2016 sur la déontologie des fonctionnaires. Il s’interroge cependant sur la surenchère de rigueur pour les agents publics alors que le secteur privé n’est pas concerné et se demande s’il ne s’agit pas d’une posture démagogue. Il souligne par ailleurs les moyens mis en place par la loi pour lutter contre les discriminations, en utilisant la discrimination positive.

Le Professeur Esplugas-Labatut conclut sa présentation en expliquant que la loi est l’aboutissement d’un processus ancien et que c’est sans doute pour cela qu’il n’y a pas eu d’oppositions. Pour lui le droit de la fonction publique n’est plus un droit statutaire mais les missions de service public des agents justifient le maintien de dérogations au droit du travail. Il n’y a donc pas alignement total sur le droit du travail mais plutôt mise en place d’un droit public du travail.

la contribution orale du prof. Desbarats
est par ailleurs disponible en cliquant ICI (lien en cours)

La Professeure Isabelle Desbarats prend ensuite la parole. Ses interrogations portent sur le fait de savoir si la loi de transformation de la fonction publique est une loi technique ou idéologique.

Elle commence par rappeler que la loi a pour but la modernisation et la transformation, en utilisant comme modèle le droit du travail. Toutefois la question est de savoir de quel droit du travail il s’agit car il y a eu de nombreuses réformes du droit du travail depuis 2008. Selon elle, la loi doit participer à l’objectif de réduction du nombre de fonctionnaires fixé par le Président de la République.

Elle estime que la loi fait ressortit deux mouvements qui renforcent la privatisation. Celle-ci passe d’abord par la refonte des instances de dialogue social qui fait écho avec les ordonnances macron de 2017 en droit du travail. Par ailleurs, elle estime que la loi pousse à passer d’un système de carrière vers la logique d’emploi (mobilité intra et extra fonction publique, mécanisme de rupture conventionnelle…).

Par ailleurs, la Professeure Isabelle Desbarats met en avant deux autres modifications qui concernent les contrats et qui peuvent avoir un caractère plus subversif qu’en apparence. La première modification résulte de la création d’un nouveau contrat, le contrat de projet. Il se différencie des contrats comparables de droit privé car il s’agit d’un contrat à durée déterminée alors que ceux du droit privé sont des contrats à durée indéterminée. La seconde modification concerne la mise en avant des conventions collectives. Il faudra attendre que des ordonnances soient adoptées sur ce point mais la question sera de savoir quelle sera leur valeur juridique et quelle sera leur place dans l’articulation des normes.

la contribution orale du prof. Touzeil-Divina
est par ailleurs disponible en cliquant ICI

Enfin, le Professeur Mathieu Touzeil-Divina prend la parole. Il précise d’emblée qu’il tiendra des propos plus engagés en défaveur de la loi. Il commence par rappeler que, même si c’est une chose oubliée aujourd’hui, originellement le droit du travail relevait du droit public. Il indique ensuite qu’il existe en France une volonté historique de suppression des fonctions publiques et une volonté parallèle de supprimer les différences de traitement entre les travailleurs. C’est cette double volonté qui explique le recours croissant au contrat et aux méthodes contractuelles.

La question est alors de savoir si la loi correspond à une évolution ou à une révolution. Si l’évolution est une chose positive, cela ne peut pas être une évolution à ses yeux. Dans le même temps, si révolution signifie « changement considérable », la loi ne crée pas non plus une révolution. En revanche, si le terme de révolution est admis au sens de « révolution copernicienne », il y a probablement une révolution. En effet, la loi effectue un retour à la situation d’avant 1941 en favorisant l’existence de fonctionnaires contractuels. Il s’agit également d’une loi « hypocrite » car elle traduit la volonté politique de supprimer le statut mais sans le faire pour le moment.

Dans un premier temps, le Professeur Mathieu Touzeil-Divina considère que la loi conduit à une évolution dramatique. Il y a selon lui des points qui peuvent malgré tout être considérés comme positifs dans la loi : la lutte contre les grèves perlées, le renouveau de la procédure disciplinaire, la variabilité en matière de rémunération, les éléments en faveur de la déontologie, ou encore la portabilité du compte individuel de formation. Il relève ces points positifs pour expliquer qu’il ne considère pas le statut comme quelque chose de sacré. En revanche, il n’est pas convaincu qu’elle aille dans le bon sens. C’est une loi adoptée pendant l’été et qui comporte des cavaliers législatifs, ce qui est déjà regrettable. Par ailleurs, cette loi annonce un renouveau avec la mise en place d’une démocratie participative mais les fonctionnaires n’ont pas été consultés à son sujet. Surtout, la loi oublie un point fondamental : le service public. Or, la plupart des dispositions de la loi viennent contrer la continuité et l’égalité du service public : le recours massif aux contractuels risque de créer une discontinuité dans le service public, le recours au contrat risque d’aboutir à un recrutement en fonction de la couleur politique dangereux pour la continuité et pour l’égalité. Par ailleurs, et même si le système actuel n’est pas parfait, le passage du concours au recrutement fait craindre davantage de népotisme et de subjectivité. Tout ceci aboutit à une dilution des secteurs publics et privés.

Dans un second temps, le Professeur Mathieu Touzeil-Divina explique que la loi entraîne une révolution copernicienne. Elle entraîne un retour aux fonctionnaires contractuels et davantage de précarisation. Pour lui, c’est un retour en arrière donc les porteurs de la loi savent très bien vers où ils veulent aller. Il fait le parallèle avec la mort du Doyen Foucart, un 6 août, car il était l’un des premiers à théoriser la fonction publique. A cette époque les auteurs considéraient qu’il existait deux sortes d’agents publics : les petits, c’est-à-dire les contractuels, et les autres, ceux qui touchent aux prérogatives de puissance publique. Cela correspond plus largement à l’évolution européenne, car dans de nombreux Etats les agents publics sont à 80% des contractuels. Pour le Professeur Mathieu Touzeil-Divina ce qui se passe c’est ce dont avait rêvé le Président Nicolas Sarkozy.

Il tient à rappeler une citation de Michel Debré : « un fonctionnaire est au service de l’Etat mais l’Etat n’est pas un employeur comme un autre ». Cela signifie que la puissance publique n’est pas un employeur comme un autre et que ses travailleurs ne sont pas des travailleurs comme les autres car ils mettent en jeu l’IG. Il rappelle également la différence entre le salaire et le traitement : le traitement est une indemnité qui correspond au grade. Ce n’est pas un salaire mais une indemnité donnée au fonctionnaire en contrepartie de son investissement. De la même manière, la retraite dans le secteur public est une récompense.

Il conclut en expliquant que l’on essaie aujourd’hui de faire comme si la situation de tous les travailleurs était comparable. C’est vrai qu’il existe des points communs, mais le service public fait qu’il y a nécessairement des différences.

La parole est ensuite donnée à la salle pour poser des questions.

La directrice des ressources humaines du syndicat mixte des abattoirs s’interroge sur le lien entre cette loi et l’individualisation de la société et sur le fait de savoir si la réforme est idéologique ou politique.

Le Professeur Mathieu Touzeil-Divina lui répond. Pour lui la réforme est idéologique donc politique. L’égalitarisme de la fonction publique a créé des rancœurs et des frustrations entre agents, ce qui explique qu’il y ait une réelle volonté d’individualisation. En revanche il se veut moins fataliste : la société est de plus en plus individuelle, mais le service public est là pour nous dépasser et pour lutter contre l’individualisme. Il craint que ce soit le mouvement actuel mais il considère qu’il faut justement lutter contre ça en apportant de la solidarité.

La directrice du CNFPT Midi-Pyrénées prend ensuite la parole. Pour elle il s’agit plutôt d’une évolution que d’une révolution. La loi permet de créer les conditions d’une harmonisation entre les trois versants de la fonction publique. De la même manière, la fusion des instances de dialogue n’apporte pas de grands changements. Enfin, le recours possible au contrat ne serait que la reconnaissance d’une situation préexistante. Elle cite des exemples comme l’armée, les difficultés de recrutement de fonctionnaires dans certaines zones ou sur certains postes en raison de leur technicité. Sa crainte est que le recours au contrat soit trop encadré et aussi difficile que de recruter des fonctionnaires alors que les employeurs publics ont besoin de souplesse.

Le Professeur Mathieu Touzeil-Divina lui répond qu’il est évidemment d’accord pour recourir aux contractuels dans des conditions telles que les exemples évoqués. En revanche la loi ne permet pas seulement le recours au contrat dans des secteurs en tension. Il évoque le cas des emplois de direction et évoque la possibilité d’un recrutement fondé sur la couleur politique.

La Professeure Isabelle Desbarats apporte une précision : elle estime que l’Etat et les collectivités publiques ne sont plus les seuls garants de l’intérêt général et se demande s’il ne faut pas le prendre en compte. Elle indique que la prochaine réforme importante est celle des retraites et qu’il faut s’interroger sur ce qui justifie le maintien des particularismes ? Pour elle si c’est justifié on garde les particularismes, sinon on arrête les particularismes.

Le Professeur Jean-Michel Eymeri-Douzans (IEP Toulouse) prend la parole pour expliquer que ce rétropédalage correspond, plus largement, au mouvement observable en Europe et souhaité notamment par les allemands ou les néerlandais.

Un étudiant de Master 2 demande ensuite aux intervenants quel est leur avis sur les recrutements politiques.

Le Professeur Pierre Esplugas-Labatut considère que les politiques demandent a minima une obligation de loyauté et que celle-ci s’exprime différemment en fonction des emplois occupés. Il considère que pour les postes de hauts-cadres les recrutements politiques sont justifiés.

La Professeure Isabelle Desbarats considère que le recrutement pourrait être externalisé et que cela serait probablement bénéfique, le problème étant seulement le coût de l’externalisation. Pour elle les recrutements politiques ne sont pas un problème, elle considère que le droit de la fonction publique doit s’inspirer du droit privé et des organisations de tendance.

Le Professeur Mathieu Touzeil-Divina  considère qu’un recrutement fondé sur les accointances politiques se justifie pour quelques postes mais que désormais la question se pose pour tous les postes et c’est justement ce qui pose problème. Cela créer un risque pour la continuité du service public.

Marie Cécile Amauger-Lattes prend enfin la parole pour une dernière question

Elle rappelle que les recrutements en droit privé ne sont pas forcément mauvais et qu’il y a dans tous les cas un contrôle du juge, même pour les entreprises de tendance.

Le Professeur Mathieu Touzeil-Divina lui répond en indiquant que le recrutement par contrat n’est pas nécessairement mauvais, ni forcément arbitraire. En revanche, il rappelle que l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen met en place un recrutement pour les agents publics en fonction des talents et des mérites et que l’on a la preuve depuis cette époque que le concours est a priori plus objectif que le recrutement par contrat.

La Professeure Isabelle Desbarats rappelle quant à elle que certains concours ne recrutent pas. Elle se demande alors si, paradoxalement, le recours au contrat n’est pas un phénomène pour attirer les agents.